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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 16:15

Nous  quittons les régions de montagnes pour les bords de l’océan Indien et nous souhaitons nous rendre à Nagari Sungai Pinang qui est un village de pêcheurs au sud de Padang. Les déplacements à Sumatra sont souvent assez compliqués et se fut de nouveau le cas. Nous avons dans un premier temps rejoint Padang depuis Bukittinggi  en deux heures et demie et après autant pour regagner le village. Les derniers   kilomètres se faisant sur une route assez défoncée.sumatra-2 8576 Nous avons choisi cet endroit car c’est là que se trouve la guesthouse de Ricky et Anne un jeune couple franco-indonésien. Leur site est: http://fr.authenticsumatra.com/ ,sumatra-2-8494.JPG Ricky est originaire du village et il a souhaité ouvrir une guesthouse pour développer le tourisme et en faire profiter les villageois. Une part du coût de notre séjour servant à financer  la scolarité des enfants qui doivent aller à Padang pour les études secondaires. Le village est loin de tout et l’enseignement n’est pas toujours dispensé. Les constructions de la guesthouse sont directement sur la plage et c’est un problème.sumatra 8280 En effet en 2013 une grande vague a fait reculer le bord de plage de 18 mètres. L’embarcadère pour les bateaux était assez loin comme on peut voir sur cette photo.sumatra 8344 Si un tel phénomène se reproduit, se sont les bungalows ou nous étions qui disparaitrons. La nuit nous entendions la mer venir taper contre ce mur de sable qu’elle a formé. C’est très impressionnant et ça fait même peur car sur des vagues un peu fortes le logement bougeait. Normalement un déménagement doit se faire dans la baie juste à coté, avec les bungalows un peu plus en retrait de la mer. Le village de Nagari Sungai Pinang est essentiellement consacré à la pêche traditionnelle.sumatra 8276 Dans la journée les pêcheurs tirent les très longs filets.sumatra 8250 La technique qu’ils emploient est très différente de ce que j’avais vu auparavant. Ils ne tirent pas les filets avec les mains tout le temps. Ils accrochent le filet avec une corde et une sangle qu’ils ont  attachées à leur taille.sumatra-2-8245.JPG Ils reculent au fur et à mesure, arrivé à une certaine distance, le dernier se détache et vient se positionner devant et ainsi de suite. Les filets pèsent très lourds car ils sont longs. Le terrain de football sert à dérouler ces derniers.sumatra-2 8558 Ils mettent plusieurs heures pour positionner les filets et les tirer. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur du travail effectué.sumatra 8279 Parfois il n’y a rien et le partage du poisson est vite fait.sumatra 8278 Quand le filet est bien garni, les hommes rentrent à l’intérieursumatra-2 8529 avec de grosses bassines pour mettre le poisson.sumatra-2 8530 Après il sera partagé entre les familles. Les enfants sont aussi là pour  la fin de pêche.sumatra-2 8526 Ils essayent d’avoir du poisson pour leur famille. Si le filet présente des trous, leurs petites mains grappillent quelques poissons en cachète. Les petits poissons sont mis à sécher sumatra 8263 et seront utilisés pour faire le « sambal trassi », c’est une préparation de piments avec les poissons. Les bateaux sont à  double balancier,sumatra 8271 pour la pêche de nuit au large. Il y en a aussi des plus petits pour remonter la rivière sumatra-2 8519 et aller sur les îles. Pour mettre les filets, se sont des barques normales,sumatra 8252 l’ancre le plus souvent est faite de bois avec un gros caillou.sumatra 8264 Les filets de toutes sortes sèchent dans le village, il faut aussi les réparer et en faire de nouveaux.sumatra-2 8546 Toute la vie est tournée vers la pêche mais le village dispose aussi à l’arrière, entre les montagnes, de rizières communautaires. La récolte sera là aussi partagée. Nous sommes passés dans ces belles rizières ou les buffles prenaient leur bain de boue,sumatra-2 8502 on se serait cru à Dax ! Lors d’une sortie,sumatra 8299  Anita aussi a pris son bain de boue. Mais où est donc passée ma deuxième tong ?sumatra 8302 Dans la forêt, les hommes abattent les marantis. Après ils débitent sur place ces grands arbres et taillent à la tronçonneuse de très longs chevrons.sumatra-2 8511 Ces derniers sont acheminés au village pour la construction de maisons. Pour les ramener, ils utilisent des rondins sumatra-2 8514 et les buffles pour tirer ces longueurs de bois.  Nous avons fait doucement ces quelques jours. Rien de bien prévu, seulement profiter de cet endroit si tranquille.  Le village est paisible et les habitants vaquent à leurs occupations sumatra 8259 sans trop s’occuper de nous.sumatra-2 8563 Certains nous parlent un peu mais la barrière du language réduit les échanges. Nous avons quand même rencontré un sculpteur sur bois qui était très intéressé pour apprendre le français. Il marquait des phrases en anglais et après Anita lui traduisait en français. Ensuite il écrivait phonétiquement pour qu’il puisse les redire.sumatra 8283 C’était marrant car il demandait des phrases pour se présenter  ainsi que son métier. Il était plein d'enthousiasme. Les enfants veulent eux être sur toutes les photos.sumatra 8328 Ils sont toujours après nous et veulent parler.sumatra 8331 J'ai même prêté mes lunettes et ma casquette le temps d'une pose.sumatra 8337 Un soir nous avons été rejoindre Sébastien qui est un passionné d’insectes et plus particulièrement de coléoptères. Il avait mis une lampe spéciale et tendu un drap blanc pour la chasse nocturne.sumatra 8315 Sumatra possède des variétés endémiques et il espérait bien en attraper. Un très bon moment passé avec lui, il parle de sa passion avec tellement d’envie que c’est un plaisir à l’écouter. Il était là avec un autre éducateur marseillais car ils ont un projet de construction d’une maison pour les jeunes du village. Un partenarial franco indonésien en quelque sorte entre leur association A.p.a.s.h.e et Authentique Sumatra. Les journées étaient faites de baignades sumatra 8294 ou balades au alentour du village. Une sortie sur les îles sumatra-2-8409.JPG nous a permis d’apprécier la clarté de l’eau sumatra 8359 et de faire un peu de snorkeling.sumatra 8360 Les fonds sont  riches en poissons  et c’était une bien belle sortie sumatra 8358 avec  de splendides paysages insulaires. sumatra-2-8448.JPG Parfois on souhaiterait que le temps s'arrête pour comtempler encore plus longtemps.sumatra-2-8415.JPG En rentrant, le soleil nous a accompagnés et gratifiés de son couché si coloré sur l’océan argenté.sumatra-2-8481.JPG En soirée c'est une ambiance musicale à la guesthouse, les jeunes aiment chanter et jouer de la guitare et en plus ils le font bien.sumatra-2-8488.JPG Le matin j’aime bien me promener seul dans le village. Cela me permet de mieux observer la vie de chacun. J’ai fait un tour vers l’école, elle n’est pas très grande. Quelques écoliers étaient en chemin et m’ont salué avec des « Hello Mister ». J’ai fait une photo de la classe sumatra-2 8560 et je n’avais pas vu l’institutrice dans un coin. Elle non plus d’ailleurs ne m’avait pas remarqué. Elle était là devant le squelette humain avec son livre dans les mains sumatra-2 8562 et j’ai ressenti une grande solitude de sa part. J’avais l’impression qu’elle découvrait ce squelette  et qu’elle apprenait les différentes parties avant de passer son savoir aux enfants. Après j’ai un peu discuté avec elle et j’étais rassuré quand elle m’a dit qu’elle était du village. Je pensais que tous les enseignants venaient de Padang. Ici rien n’est vraiment simple, il y a un  manque de moyens dans tous les domaines. C’est tellement dommage de savoir le gaspillage qu’il y a dans nos pays industrialisés alors qu’il y a tant de besoins dans des régions comme celle-là. J’ai regardé les maisons du village, elles sont souvent en bois sumatra-2 8564 et très simples. Elles ne possèdent pas de fenêtres comme chez nous sumatra-2 8569bis mais l’intimité y est toujours préservée.sumatra-2 8570 Nous sommes toujours au pays Minangkabau  et donc musulman, ce qui fait que nous avons droit aux prières journalières. C’est quand même une contrainte pour celui qui n’est pas musulman que d’être obligé d’entendre cela. Pour ma part cela ne me gène pas car je suis de passage et je m’adapte mais pour celui qui vit ça au quotidien c’est différent. Un matin un petit python avait élu domicile pas loin de mes chaussures,sumatra-2-8490.JPG Bernard, un touriste comme nous l'a capturé et il a été déposé plus loin dans la forêt.  Nous avons bien apprécié cette escapade au bord de l’océan, l’air y est chaud mais très supportable avec le vent marin. La vie s’étire lentement sumatra-2 8552 et chaque jour se ressemble. C’est bien pour se reposer, pour y vivre c’est surement autre chose…mais peut être que tout s’apprivoise avec temps et patience…

 

 

Pascal

 

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 05:56

 

Nous avons quitté le lac Maninjau avec le taxi de Jack, le propriétaire de la GH où l’on faisait internet. Il a également un garage et il vient nous prendre en Toyota 4x4, un peu de luxe donc.   Il nous emmène chez Nonni et Ikbar à « Abdi Homestay » dans la vallée d’Harau. Nous voilà dans un environnement totalement différent avec des falaises de 100m qui nous entourent.sumatra 8099 La campagne est très belle,sumatra 8116 faites de gorges verdoyantes sumatra 8194 et de falaises sumatra 8176 qui alternent avec les rizières.sumatra 8155 Les femmes ont ici avec des chapeaux différents des autres régions,sumatra-8221.JPG ils sont moins pointus. Le jeune couple a 4 bungalows de bambou sumatra 8091 avec vue sur les rizières,sumatra 8212 c’est paisible et magnifique. J’en profite pour faire un retard de lessive dans notre salle de bain.sumatra 8138 Le logement est encore une fois sommaire sumatra 8092 mais nous y sommes bien. Les deux jeunes frères de Nonni  (Iwal et Yoga) aident également et tout le monde est extrêmement gentil. Quand on arrive tous les bungalows sont pris, heureusement que nous avions réservé, mais déjà le lendemain il reste que nous et un jeune hollandais de 18ans, Maarten qui voyage pendant 6 mois en Asie du Sud. Nous avons bien sûr repris une moto pour faire un tour dans les environs et aussi pour pouvoir trouver un café internet sumatra 8107 et ensuite le wifi. Le jour après notre arrivée était férié parce qu’il y avait les élections législatives.sumatra 8153 La veille la police avait descendu toutes les affiches de propagande et le 9 avril au matin tout le monde est allé aux urnes.sumatra 8154 Quand les gens ont voté on leur marque un doigt avec de l’encre.sumatra 8145 Les bureaux ont fermés à 13h00 et ensuite les familles se sont promenées comme un dimanche à la campagne en France. Baignade à la cascade,sumatra 8191 pique nique dans le parc. Ce petit groupe si bien habillé devrait faire un spectacle de dance après.sumatra 8166 J’avais compris que cela allait se passer dans le parc à 15h00, mais quand nous sommes revenus, il y n’y avait rien de tout cela, dommage. Sur les chemins touristiques locaux on vend souvent des plantes, comme des orchidées, des tues mouches et une sorte de fougère qui ressemble à une queue de singe, le même poil roux que l’orang outan.sumatra 8186 Ici les gens ont également des bassins de poissons et apparemment on organise des compétitions de pêche, le bassin n’est pas bien grand pourtant, mais les candidats sont très concentrés.sumatra 8170 Pascal pêche à coté de la guesthouse, il y a plein de poissons. sumatra 8215  Au lac nous avions vu des singes dressés pour chercher des noix de cocos en haut des arbres, ici on a quand même vu un monsieur (pas jeune) qui savait encore monter lui-même, par la force des bras et avec un linge entre des jambes pour se tenir sur le tronc.sumatra 8174 Ce n’était pas un cocotier, mais un palmier et il cueillait les dattes.  Le style des maisons ici est également Minangkabau. Kabau veut dire Buffle. Les toits sont en forme de cornes de buffle (enfin c’est une des explications). Les toits sont souvent encore en végétal au lieu d’être en tôles rouillées.sumatra 8182 Demain nous partons nous isoler dans le sud de Padang, dans un village traditionnel en bord de mer. Le blog va rester muet car évidemment pas d’internet là-bas.

Anita          

 

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 06:24

 

 

Ce matin là, je me suis levé plus tôt pour m’imprégner  de la lumière matinale et de toute la sérénité qu’elle procure. Le chat avait peut être la même idée que moi, sumatra 7997 devant le lac si calme il fixait du regard je ne sais quoi, mais il n’était pas en action de chasse. Moi non plus d’ailleurs, mes yeux se perdaient entre le V que forment les montagnes et mes pensées s’évadaient au travers de cette faille sur l’horizon.  La journée avait de ce fait bien commencé. Elle s’est déroulée doucement, rien de bien prévu ou imposé. Juste envie de revenir voir les 12 derniers kilomètres que nous avions faits la veille sous une pluie battante. Nous sommes d’abord passé à Kota Baru car c’était jour de marché et nous voulions acheter quelques produits pour que Zul notre cuisinier à la guesthouse nous les prépare le soir. Nous avons pris des avocats, ici il y en a beaucoup et de très bons, des tomates et un produit que l’on n’avait pas envisagé. L’occasion faisant le larron, ce sont des écrevisses du lac  que nous avons achetées. Nous avons ramené tout cela à notre « Master Chef » et nous lui avons laissé toutes les initiatives pour la préparation. Nous voilà repartis pour une virée de plus, ce soir nous savons de quoi sera fait le diner. Nous avons orienté notre balade sur les maisons de style Minangkabau.sumatra 8016 Ce sont des constructions dont le faîtage des toits est pointé vers le ciel en forme de cornes de buffles.sumatra 8020 Certaines sont bien entretenues sumatra 8025 et sont très belles mais il y en a peu. Les plus anciennes en bois sumatra 8026 sont souvent en mauvais état et c’est bien dommage. Il y en a d’autres qui ne sont pas avec le toit Minangkabau mais qui témoignent quand même d’un autre style de construction.sumatra 8037 Tout comme « House of  Annisa »  qui est une splendide villa hollandaise.sumatra 7931 Elle fait guesthouse et même si nous n‘avons pas logé là, nous avons pu la visiter et l’intérieur est très beau comme ce lit à baldaquin en cuivre.sumatra 7933 Nous avons continué de longer le lac avec toujours des vues sur les cultures, qu’elles soient  aquacoles sumatra 8040 ou terrestres. Ces dernières avec les nuances de vert  des riz en terrasses sur fond de cocotiers, sont des tableaux dont je ne me lasse pas.sumatra 8036 Au bord de la route une vielle dame faisait sécher les clous de girofle et bien que déjà vu auparavant, c’est pour l’odeur que nous nous sommes arrêtés, là non plus je ne me lasse pas de sentir toutes ces épices. En discutant ou du moins en échangeant quelques mots et gestes, nous comprenons que l’arbre qui donne le clou de girofle est juste là. C’est par contre la première fois que je le voyais. Je suis surpris de constater que c’est un grand arbre avec une quantité de fruits. Quand le clou est vert,sumatra 8034 il ne sent pas trop mais si on l’ouvre il dégage son parfum si caractéristique. Ce dernier est renforcé au séchage. Au bord du lac nous avons vu des « water monitor », sorte de très gros lézards qui vont dans l’eau. Ils ne sont pas méchants mais ils impressionnent quand même, surtout si vous le voyez dans l’eau.sumatra 8054 Mais si ce reptile a la chance d’être en totale liberté, ce n’est pas le sort de ce macaque à queue courte. sumatra 8011 Ces singes sont utilisés pour aller chercher les noix de coco. Ils sont dressés pour cela et malheureusement restent pour leur vie avec un fil à la patte. Nous en avons croisés trois dans la même journée ce qui me laisse penser que c’est une pratique assez répandue. Les gens feraient mieux d’apprendre à grimper aux cocotiers que de laisser ces pauvres animaux en captivité alors qu’il y a toutes ces belles forêts tropicales autour. Mais là encore l’homme prédateur à l’emprise sur l’animal. En rentrant à la guestouse sumatra 8068 nous avons fait une photo avec  Harys qui est guide et Zul.sumatra 8049 Nous n’avons pas utilisé les services d’Harys, nous avons fait par nous même avec la moto. Néanmoins nous avons discuté avec lui et il nous a donné des conseils et appris des choses sur son pays et la nature. Zul avait préparé le repas avec tout le savoir faire dont il dispose. Il avait aussi ajouté une touche de présentation et tout ceci était fort appréciable.sumatra 8046 Les écrevisses sumatra 8047 ont redonné l’appétit à Anita qui l’avait perdu. Je voudrais dire combien ces deux garçons étaient serviables et agréables. Cette guesthouse Arlen Nova’s Paradise n’est certes pas le paradis qu’elle mentionne, le temps est passé depuis. Il est évident que les finances manquent pour maintenir un bon entretien de l’ensemble. Néanmoins l’emplacement sur le lac sumatra 8051 est surement le meilleur.sumatra 8070 La volonté de bien faire des garçons a gommé les imperfections.  Ce matin c’est la lumière du jour qui me faisait m’évader et le soir, alors que les derniers pêcheurs tiraient leurs filets,sumatra 8086 je m’interrogeais justement sur la vie de ces gens là qui m’entouraient. Demain nous serons ailleurs et nous verrons d’autres choses, nos vies ne sont pas exigües, nous avons souvent la possibilité de faire des choix. Mais ces gens là n’ont souvent pas d’autres horizons que ce V des deux montagnes et parfois le ciel y est bien sombre.sumatra 7935

Pascal  

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 05:07

 

Avec ce long voyage nous avons quitté la culture Batak pour nous plonger dans la société Minangkabau. Cette société est musulmane mais avec une adaptation particulière puisqu’elle est matriarcale. C'est-à-dire que propriétés et richesses  se transmettent de mère en fille. La femme la plus âgée a le statut de matriarche. L’homme le plus important est le frère ainé de la mère. Il se substitue au père pour l’éducation, l’instruction et le mariage des enfants. Néanmoins il y a entente  et adaptation dans la société Minangkabau ou l’on considère que les femmes et les hommes sont complémentaires. Une expression locale dit : « comme l’ongle et la peau formant le bout du doigt ». Pour ce qui est de notre observation, je ne trouve pas tellement de changement par rapport à ce que j’ai vu ailleurs concernant la société musulmane. Seulement qu’ici les femmes participent aussi à l’appel à la prière dès le lever du jour alors qu’ailleurs ce sont les hommes seulement. Mais j’avoue ne pas être expert dans ce domaine. Notre losmen (guesthouse) ce situe sur les bords du lac. Son emplacement est certainement le meilleur car c’est le seul endroit ou il n’y a pas de fermes apicoles.sumatra 7851 Cet endroit est protégé car il est réservé à la pêche traditionnelle sur le lac. Cette région produit du riz, du cacao, du café et aussi des épices, cannelle, clou de girofle, cardamone. Elle avait par le passé une activité touristique importante mais qui s’est dispersée au fil du temps suite aux agitations politiques et aussi aux difficultés d’accès. De ce fait les habitants se sont tournés vers l’aquaculture. Cette dernière se fait sur le lac sumatra 7965 et occasionne une pollution avec les aliments pour poissons. Elle se fait également en bassin pour démarrer les poissons. Nous avons souvent assisté au conditionnement des poissons vivants pour le transport.sumatra 7926 Les sacs sont remplis avec les poissons et l’eau, ils y ajoutent du bleu de méthylène et de l’oxygène.sumatra 7972 Dans les grands fossés qui descendent de la montagne avec de l’eau fraiche, ils aménagent des bassins avec des filets sumatra 7946 et les utilisent pour le comptage des poissons.sumatra 7939 Après ces derniers seront mis dans les bassins du lac. Le premier jour après une sieste de récupération nous avons marchés jusqu’au village qui était en lisière de forêt, je pourrais dire de jungle tellement elle est dense. De là haut nous avions un beau panorama sumatra 7826 sur les différentes cultures sumatra 7824 et le lac.sumatra 7839 Les nids d’oiseaux tisserands sumatra 7838 me rappelaient le Sri Lanka. Cette petite balade nous donnait une idée de la vie sur et autour du lac. Ce dernier est aussi un lac volcanique et l’eau y est de ce fait tempérée. Le lendemain c’est au son de l’appel à la prière vers 4h30, bien que lointain, que nous avons été réveillés. Le réveil c’est confirmé mais là beaucoup plus près grâce à Monsieur.sumatra 7846  Le lac était calme et limpide, les pêcheurs préparaient leurs filets.sumatra 7858 Nous étions devant un très joli panorama sumatra 7864 ou seul le bruit de la rame qui s’enfonce dans l’eau sumatra 7866 vient distraire notre petit déjeuner. Nous avons pris une moto et nous voilà partis pour la découverte des environs. C’est d’abord au marché de Bayur, c'est-à-dire à 2kms que nous avons fait la première halte. Les marchés sont une source inépuisable de curiosités. En dehors des étalages de toutes sortes, tous plus colorés les uns que les autres,sumatra 7870 c’est celui-ci qui m’a un peu surpris. Ce monsieur vend des poussins colorés comme l’on remarque sur cette photo.sumatra 7879 Les gens les achètent pour les enfants, soit pour jouer ou pour mettre en cage comme un oiseau. Anita me dit qu’ils finiront morts car les enfants les tripotent et souvent ne sont pas tendres avec les animaux. Brigitte Bardot devrait faire un séjour ici je pense ! Un autre « atelier », plus intéressant  à mes yeux, était cet homme avec sa machine à faire du sambal. Les femmes viennent avec leurs piments, échalotes et ails sumatra 7873 et l’homme passe tout cela au mixeur spécial en rajoutant du sel. A la sortie la préparation est terminée,sumatra 7874 de quoi donner envie à Lionel et Jean Charles, deux grands spécialistes des mixtures maisons. Nous avons par la suite pris de la hauteur et avalés les 44 virages pour nous rendre à Matur. De là haut on peut mieux se rendre compte de la forme du cratère dans lequel se situe le lac.sumatra 7892bis Nous faisons toute la ligne de crête et les paysages sont à chaque point de vue, différents. A un moment nous suivons une indication un peu décrépie qui indique « view green ». Pour être green, c’est green ! La végétation est magnifique et le vert à 360°. Il y a quelques habitations et une dame met ses bâtons de cannelle à sécher.sumatra 7960 C’est très beau de voir tout au long  du chemin les cannelles qui se dorent au soleil et se replient sur elles même pour faire un rouleau qui parfumera les plats.sumatra 7885 Elle sera ensuite vendue au marché et transportée en fagots.sumatra 7898 C’est chouette la nature quand même, là c’est son parfum qu’elle nous donne au travers de cette écorce. Je constatais en conduisant que l’on s’éloignait de la route principale et que nous commencions à redescendre vers le lac a travers la forêt et une route qui devenait de plus en plus étroite et chaotique. Le problème rencontré est que le scooter cale dès qu’il y a trop de pente. De ce fait je n’ai plus de frein moteur. Nous avons quand même continué par ce sentier car il était riche en découvertes et panoramas.sumatra 7906 Anita a dû descendre du scooter et moi souvent je freinais aussi des deux pieds pour ne pas faire chauffer les freins.sumatra 7903 Une bonne heure de  descente quand même !sumatra 7905 Ponctuée il est vrai par de l’observation de la forêt et aussi des différentes vues sur le lac sumatra 7901 et les cultures.sumatra 7909 A un moment j’ai eu la peur de la journée. Juste devant moi un varan de plus d’un mètre cinquante qui part dans les fourrés. Je ne m’y attendais pas du tout. La peur est venue de l’effet de surprise mais aussi de la vivacité et de la vitesse de l’animal. J’ai  compris que je n’avais aucune chance devant un tel animal si celui-ci décidait de m’attaquer. En plus je n’avais même pas de couteau sur moi, mon « tatoo » ayant servi de cadeau pour les porteurs de Ketembé. J’ai aussi réalisé à ce moment que j’étais dans un milieu hostile et pas dans les bois de Touraine à chercher les champignons. Anita était juste derrière moi et a seulement entendu le grand bruit mais n’a pas pu voir le varan. Plus loin un arbre à cannelle était cassé sur le chemin, nous avons enlevé un peu d’écorce et sucé cette cannelle fraiche, c’est très bon. Une coupe d’arbres attire notre attention par la couleur très orangée de la sciure.sumatra 7910 Cette dernière sent très bon et Anita en met un peu dans un sac pour ramener à la maison. En arrivant vers la plaine, les habitations et activités reprenait place dans le paysage. Une femme écartait le riz pour le faire sécher sumatra 7948 et dans un carré d’eau les hommes s’employaient à une activité qu’ils affectionnent, la pêche à la ligne.sumatra 7950  Nous avons par la suite retrouvé notre ami Laurent qui était venu de Bukittinggi pour passés la journée sur le lac. Nous avons déjeuné ensemble et fait une photo souvenir, sumatra 7922comme à l’habitude. Nous sommes passés rapidement à un point internet pour voir notre messagerie et aussi comment était le lieu et s’il y avait du wifi pour que je puisse envoyer les articles. Une dernière promenade sur les bords du lac pour voir les maisons sumatra 7977mais déjà l’obscurité se faisait plus présente sumatra 7929 et il était temps de rentrer pour éviter d’être sur la route de nuit. Nous avons consacré le lendemain pour faire le tour complet du lac soit 60kms.  Une virée pleine de scènes de vie de ce peuple minangkabau.sumatra 7982 La sortie des classes est ici moins haute en couleurs.sumatra 7882Les gens sont très gentils avec nous, tous nous font bonjour et nous demandent souvent d’où l’on vient et où l’on va. Après quelques heures de balade je constate que la météo ne sera pas clémente toute la journée. Cette constatation est aussi effectuée par cette femme qui va mettre à l’abri les clous de girofle qu’elle avait mis à sécher.sumatra 7980 Le ciel se faisait de plus en plus menaçant sumatra 7981 et ce qui devait arriver, arriva. Nous avons fait les 12 derniers kilomètres sous l’eau. Sous l’équateur l’eau quand elle tombe c’est énorme. Nous étions trempés totalement,sumatra 7983 l’eau passait au travers de notre poncho. La chaussée a vite était rempli et de ce fait je ne distinguais plus les trous.sumatra 7988 Nous sommes quand même arrivés à la chambre mais il était 15 h et nous n’avions pas mangé. Heureusement après nous être séchés nous avons mangés quelques bananes et gâteaux achetés la veille au marché. Puis assis sur le lit nous avons regardé la pluie tomber.sumatra 7989 La vue était bouchée sur le lac mais c’est ainsi sous les tropiques.           

Pascal 

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 04:29

 

C’est avec une pointe de nostalgie que nous avons quitté notre guesthouse et le Danau Toba.sumatra 7789 Notre séjour sur Samosir nous a apporté beaucoup de plaisir. Le bateau nous a ramené à Parapat et nous devions prendre le bus de nuit de 17 h pour rejoindre Bukittinddi. Nous attendions tranquillement en compagnie de Laurent, un parisien en vacances pour trois semaines et rencontré auparavant. C’est un grand voyageur qui s’échappe dès qu’il peut de la capitale pour découvrir le monde. Voilà que l’on vient nous dire que le bus qui vient de Medan n’arrivera qu’à 18h. Nous avons donc le temps d’acheter quelques gâteaux secs et de l’eau car on ne sait jamais cela peut servir lors d’un long voyage en bus. Et il fut très très long le voyage. Pas moins de 15 h pour faire les 289kms qui séparent les deux villes. La Trans-Sumatra qu’elle s’appelle la route. Mais le mot route est parfois inapproprié tellement le revêtement est défoncé, voir inexistant. Je ne suis pas « marseillais » en disant que nous avons fait du tout terrain avec un bus. C’est incroyable ! sumatra 7796 Je dois avouer que les chauffeurs ont une maitrise hors du commun. Il faut éviter les trous, les véhicules d’en face, les motos qui circulent dans tous les sens et aussi les piétons sans éclairage. De plus tout cela se déroule avec les éclairages faibles et souvent une vitesse, même si elle n’est pas excessive, pas adaptée aux risques encourus. Nous avions les places 5 et 6, c'est-à-dire devant et c’était tant mieux. Impossible de dormir car nous étions secoués dans tous les sens, les très nombreux virages, la chaussée défoncée et les très fortes dénivelées rendaient le voyage pénible. Et ce n’était rien car qu’un début. Vers 21h toujours pas d’arrêt et je demande à un chauffeur, ils étaient deux, « quand es ce que l’on s’arrête pour manger ? ». Et il me répond « no stop ». Pas d’arrêt ! Même pas un arrêt pipi car il y a les toilettes dans le bus. C’est là que les gaufrettes et l’eau ont été utiles. Vers les 1h du matin je remarque que le bus s’arrête pour prendre de l’essence. Je réveille Anita qui avait quand même réussit à s’assoupir un peu. Nous en profitons tous les deux pour descendre et aller aux toilettes, les autres passagers n’ont pas bougé. La route reprend toujours aussi pénible et à 3h du matin, le bus s’arrête pour une demi heure pour que l’on puisse manger. C’est à ni rien comprendre. Et bien nous avons mangé un peu de riz et du poisson. Nous en profitons aussi avec Laurent pour regarder son GPS car nous devons traverser l’équateur à Bonjol et nous ne sommes plus très loin. En effet le GPS indique 0° 10 minutes Nord.sumatra 7805 Après la route était meilleure en ce qui concerne le revêtement mais pas pour les virages. Vers 4h30 un autre arrêt mais cette fois pour la prière. Tout le monde à la mosquée.sumatra 7802 La fin du parcours n’a pas été de tout repos car il faisait jour et je voyais la conduite de notre « Alain Prost » ! Ce n’est pas compliqué, la photo est prise pour expliquer.sumatra 7806 Sur la gauche un camion qui va évidement moins vite que nous. Le bus se déporte sur la droite, d’ailleurs il y est déjà, puis effectue de dépassement alors qu’il n’y a aucune visibilité, sommet de cote  et virage oblige. Heureusement les prières du matin ont accompagnées notre périple jusqu’à destination. Arrivée à Bukittinggi, il pleut et la ville n’a pas l’air terrible. De toute façon nous avions décidé d’aller au lac Manijau. C’est ce que l’on fait, nous prenons un « taksi » pour faire les 20kms. Une heure trente de trajet ! La moyenne n’est pas haute. Il faut dire qu’il y a 44 virages en épingle, tous numérotés. Le « taksi » a vécu et est très pourri sumatra 7809 mais le conducteur gentil et prudent. Il nous dépose en bord de la route sumatra 7811 car pas moyen d’aller en véhicule à la guesthouse. C’est à pied que nous irons à travers les rizières sumatra 7812 jusqu’à destination finale.sumatra 7810 Fatigués quand même par ce difficile déplacement dans l’hémisphère Sud. Pas moins de 20 h depuis que nous avons quitté le lac Toba. La beauté des paysages viendra récompenser ce long voyage mais ce sera pour un prochain article.

Pascal  

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:53

De Berastagi nous avons partagé un taxi pour aller à l’embarcadère (Parapat) du Lac Toba, seulement trois heures de route, ouf!  Une demi heure de traversée et le bateau nous laisse devant notre GH, Romlan à la ville de Tuk Tuk.sumatra 7494 Nous nous trouvons sur une île très particulière dans le lac le plus grand de l’Asie du Sud-est.sumatra 7548 Une superficie de 1707km2, formé après une explosion volcanique il y a plus de 75.000 années. D’après ce que j’ai lu  l’éruption la plus violente depuis les derniers millions d’années. Peut-être responsable de la dernière ère glacière. Le lac se trouve à 900 m d’altitude et est profond de 500m. Etant un lac volcanique l’eau n’est pas froide, ce qui laisse également supposer qu’il y a encore de l’activité quelque part dans ses ténèbres. Et au milieu de ce lac immense, une île de la grandeur de Singapour, l’île Samosir, rejetée des entrailles du volcan pendant la dernière explosion. Ici la population est Batak comme à Brastagi, mais le style des maisons est légèrement différent, c’est le style Toba Batak.sumatra 7587 Les gens  étaient anthropophages jusqu’au 20ème siècle. On ne mangeait pas n’importe qui n’importe quand, plutôt des ennemis capturés, ou bien quand on avait jugé une personne pas digne d’une être humain dans un tribunal populaire. On attachait la victime à une potence et  commençait à la découper encore vivante en la frottant de piment, avant de lui trancher la tête, sympa comme histoire n’est pas ?  Maintenant la population est en majorité chrétienne protestante, les missionnaires sont passés par là au 19ème. Les gens ont instauré un genre chrétien mystique, mélangeant leur ancienne culture animiste avec le chrétien.  On le voit avec leurs sépultures familiales qui se dressent partout dans les champs.sumatra 7577 Il y en a de très belles, le culte des ancêtres.sumatra 7652 On trouve ceci également chez les peuples du Pacifique. Je trouve d’ailleurs que les décorations des maisons Bataks en rouge et noir ont des ressemblances avec les maisons Maoris en Nouvelle Zélande. Ce sont des navigateurs après tout donc tout est possible.  Nous sommes restés tranquille dans notre chambre avec balcon face au lac le premier joursumatra 7709 et ensuite nous avons loué une moto pendant trois jours pour faire le tour de l’ile qui fait quand même 40 km de long et 20 km de large. L’île est très paisible sumatra 7582 ce qui nous fait du bien après le bruit de la ville. Les gens vivent encore très majoritairement dans des maisons traditionnelles batak,sumatra 7571 regroupés dans des petits hameaux. sumatra 7585 Les toits sont maintenant en tôles rouillées sumatra 7537 en non plus en végétal comme avant. Par contre quand ils construisent une maison plus moderne en dur, le toit finit la plupart du temps en forme batak. Comme je disais leur croyance est un mélange de l’animisme et du christianisme,  ce qui fait que leurs églises reflètent parfaitement ceci, autant de symboles du temps des ancêtres que de représentations de Jésus ou la Vierge dans le cas d’une église catholique par exemple.sumatra 7565 Les deux premiers jours le temps n’était pas très clair, plutôt brumeux. La cause n’est pas la météo mais les feux du sud de Sumatra. Avant de faire de nouvelles plantations de palmiers à l’huile ou d’autres cultures, on brûle les champs et on fait de même pour les ordures domestiques. Ces feux prennent tellement d’ampleur qu’ils envahissent tout le pays. On l’avait déjà constaté dans la jungle. On en souffre aussi dans le sud de  Malaisie, ils sont souvent obligés de fermer les écoles, tellement qu’il y a de la fumée.  Pascal est assez frustré parce qu’impossible de prendre des belles photos dans ces conditions.sumatra 7677 Nous sommes en haut de la montagne sumatra 7665 mais la vue est obstruée.sumatra 7675 Ceci ne nous empêche pas de circuler un peu partout et d’admirer les maisons avec leurs sculptures et peintures.sumatra 7554  Les seins sont un signe de fertilité,sumatra 7519 ce qui change un peu des phallus qu’on voit d’habitude dans les pays primitifs, le gecko est pour protéger la maison. Il y a trois couleurs pour peindre la maison, même si ceux qu’on voit n’ont pas tous gardé leur peinture d’origine: Rouge pour le monde humain (le sang je suppose), blanc pour les bons esprits et noir pour les ténèbres. Chaque maison a un panier pendant du toit avec une colombe.sumatra 7555 Je ne l’avais pas remarquée au début, après j’en ai vu partout et je me demandais comment cela se faisait qu’elle ne s’envolait pas. Bon tout simplement parce qu’elles ont un fil à la patte…C’est une variante à la cage d’oiseaux que l’on a vu au Myanmar entre autres.  Il y a beaucoup de buffles ici, on les utilise pour travailler dans les champs, mais en ce moment ils sont plutôt au repos,sumatra 7682 se vautrant dans la boue par exemple.sumatra-7674.JPG Normalement leurs cornes poussent vers le haut, mais nous en avons vu quelques uns avec les cornes tombantes.sumatra 7589 Je ne sais pas si cela rajoute à leur valeur. Je crois qu’ici également le buffle est un signe de richesse. Dans l’ensemble les animaux se promènent en liberté, mais de temps à temps un voit un cochon avec une entrave pour pas qu’il s’éloigne trop. sumatra 7662 La vie se passe en communauté, comme par exemple ces femmes qui nettoient leurs légumes ensemble en fin de journée.sumatra 7599 Elles étaient assez contente qu’on s’arrête et pas de problèmes pour les prendre en photo.sumatra 7596 Dans le village de Tomok il y avait marché. Des étals de poissons du lac frais sumatra 7614 ou séchés sumatra 7617, des fruits comme celui-ci, le salak ou fruit de serpent.sumatra 7612 Ou bien une bassine plein de combavas.sumatra 7618 Je ne sais pas pourquoi on les garde dans l’eau. Le combava est d’origine indonésienne, des îles Moluques, où on l’appelle Sombawa. On n’utilise pas la chair, seulement les feuilles ou le zeste qui est très parfumé, entre la citronnelle et le citron. Très bon pour une vinaigrette! Egalement d’origine d’ici est la rose de porcelaine. Nous l’avions découverte en Guadeloupe où on la cultive pour faire des bouquets, ici on la mange et on la trouve donc avec les légumes.sumatra 7622 Comme Pascal avait déjà remarqué, les brouettes ici servent à autre chose, pleins de gros avocats par exemple,sumatra 7625 ils sont vraiment bons. C’est à Tomok également que se trouve le sarcophage du roi Sidabutar,sumatra 7761 de sa femme et de son garde du corps. C’est ce roi qui s’est converti au christianisme, d’ailleurs le missionnaire qui est responsable de ceci repose dans une tombe à côté, sans nom.Les plantations comme le riz, suivent les courbes de la montagne en espaliers.sumatra 7630 Cette île ne manque pas vraiment d’eau, d’abord il y a l’eau du lac bien sûr, mais il y a également beaucoup de sources naturelles et les gens en profitent pour récupérer l’eau pour l’alimentation. Ils l’utilisent également pour la lessive comme sur cette photo.sumatra-7672.JPG Notre dernier jour de moto, le dimanche on voulait aller à la sortie de la messe pour voir si les gens étaient bien habillés pour cette occasion. Ce n’était pas partout le cas, mais dans une petite église de campagne  les dames étaient toutes très élégantes. Dans ce cas je n’ose pas trop aller m’approcher et demander une photo, mais Pascal a moins de souci avec ça que moi et il a bien fait, elles étaient contentes qu’il les prenne en photo.sumatra 7755 A part le tourisme et la culture de riz et légumes pour la consommation locale, l’île fait de l’élevage de poissons dans le lac pour export. Un des pêcheurs nous a dit que c’était une société Suisse qui chapotait tout ça. sumatra 7699 C’est une source de revenu, mais également un risque de pollution pour le lac bien sûr. Concernant le tourisme, il y a une vingtaine d'années, c’était un haut lieu des baba cools ici, on en voit des traces encore, mais depuis l’île a retrouvé son calme, pour notre bonheur à vrai dire. Nous avons pris nos habitudes et mangeons souvent dans un petit restaurant d'un jeune couple qui nous font de la très bonne cuisine locale, surtout son chapatti au avocat et son saté, le meileur de l'île paraît-il (Tio et Alex au Horas Shugary). Le matin Pascal se lève pour voir le soleil sur le lac.sumatra 7712 Nous profitons donc d’une baignade dans cette grande piscine naturelle sumatra 7481 et d’une vue imprenable de notre chambre sumatra 7492 sumatra 7493 et balcon.sumatra 7729

Anita       

 

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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 15:31

 

Nous avons quittés Kétembé et sa jungle avec Noémie et Guy, nos compagnons de trek, pour rejoindre la ville de Berastagi à 7 heures de route. C’est là que nos chemins se sépareront, eux regagnant Malacca en Malaisie et nous le lac Toba plus au sud. Lors de ces déplacements j’aime bien faire des photos depuis le véhicule. C’est de la photo instinctive, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous mais cela permet de ressentir des ambiances. Peu après le départ c’est un marché que nous avons traversé,sumatra 7290 tout se déroule sur la chaussé évidemment. Plus loin se sont les éboueurs qui effectuent le tri sélectif façon indonésienne.sumatra 7295 Nous avons ensuite atteint la ville de Kutacané, là ce sont les drapeaux électoraux qui retiennent mon attention.sumatra 7300 La campagne électorale bat son plein pour les législatives. Dans un pays où il y a tellement de différences de cultures, de croyances et  de diversités de fonctionnement, la lutte promet d’être âpre. Quand nous quittons la province d’Aceh, le passage est bien matérialisé, presque comme une frontière.sumatra 7313 Il est vrai que cette province a déjà versé du sang pour son indépendance. Nous retrouvons maintenant un islam moins radical sumatra 7315 qui cohabite avec les Karo Bataks  qui sont chrétiens. D’ailleurs après quelques kilomètres du changement de province un homme découpe un cochon juste à coté de la chaussée.sumatra 7319 Cette dernière sera maintenant pourrie jusqu’à notre arrivée. C’est surement la raison pour laquelle un camion c’est couché dans un virage juste avant nous.sumatra 7336 Arrivée à destination, nous prenons possession de notre chambre. Elle est grande mais très épurée, d’ailleurs pour l’eau chaude se sera dans un autre petit bâtiment et il faudra payer pour la douche. Nous faisons un petit tour du marché et c’est très local.sumatra 7341 Ici les brouettes ne servent pas qu’au jardinage!sumatra 7344 Le lendemain notre jeune couple décide de partir faire l’ascension du volcan Sibayak, mais nous déclinons leur invitation. Les courbatures du trek sont encore dans les pattes. Du coup nous décidons d’occuper notre temps avec une de nos activités favorites, faire de la moto. Nous allons partir voir le volcan qui fait la une de l’actualité depuis plusieurs mois, le Sinabung. Ce volcan dormait depuis 400ans et il s’est réveillé en 2010 et plus récemment en novembre 2013 et janvier et février 2014. Il a tué 17 personnes la dernière fois et provoqué  l’évacuation de 25000 autres. Le Sinabung est un stratovolcan, ses éruptions forment un nuage pyroclastique qui est constitué de cendres brulantes.sumatra 7347 Malgré ses menaces réelles, nous avons joué la carte de l’imprudence et nous avons franchi la « red zone » pour aller dans le village évacué.sumatra 7385 La curiosité est parfois source de prise de risques. Nous sommes passés à l’heure du déjeuner et c’est surement la raison pour laquelle personne ne nous a arrêtés. Plus nous avancions vers le village et bien entendu vers le volcan et plus nous avions l’anxiété qui commençait à se manifester.Les panneaux indicaient les routes d'évacuation sumatra 7354 et nous allions à contre sens. Personne sur la route ou presque puisque c’est interdit.sumatra 7358 A l’approche du village un sentiment bizarre m’envahit, je veux aller plus loin mais j’ai quand même crainte. Le spectacle est apocalyptique.sumatra 7363 Tout le paysage est sous la cendre.sumatra 7362  La pluie est tombée depuis et cette dernière c’est tassée et durcie.  Il y a un peu de vert par-ci par-là sumatra 7371 mais la végétation a souffert.sumatra 7381 Les habitations sont souvent endommagées ou détruites.sumatra 7364 Les cendres ont été enlevées de la route, certainement par les secours, et mises dans des sacs pour les évacuer plus tard. La désertification renforce le sentiment de crainte et de peur.sumatra 7360 Sur une maison les décorations de noël sont restées sur la porte,comme pour rappeler qu'il y a peu ce village vivait normalement.sumatra 7372Quelques personnes sont là, à coté de leur habitation. Ils sont venus pour essayer de sauver un peu de leurs biens. Un homme est là assis à coté de sa maison à moitié détruite, il ne bouge pas et semble perdu. C’est très troublant tout ça. Nous discutons avec un autre habitant de ce village. En fait nous ne discutons pas, nous ne savons pas quoi dire, nous nous sommes arrêtés pour essayer de compatir  à sa détresse mais nous sommes tellement impuissant devant tout cela. Le volcan est là menaçant sumatra-7350.JPG et pourtant ces gens gardent l’espoir de revenir ici, chez eux. C’est ce qui c’est passé en 2010, le volcan avait craché et après la population était revenu travailler sur les pentes fertiles. C’est difficile à comprendre ce comportement mais c’est humain. Nous avons quitté le village, comme nous étions venus mais avec en plus beaucoup de peine pour ces pauvres gens victimes du déchainement des éléments. Dame Nature a donné à Sumatra ce qu’elle a de meilleur mais aussi de pire. C’est vers le village de Lingga à une quinzaine de kilomètres que nous nous sommes rendus.sumatra 7438 C’est un  petit village avec des habitations typiques des Karo Bataks.sumatra 7418 Quand nous sommes arrivés un homme est venu vers nous, il faut dire que nous étions les seuls touristes. C’était le responsable local du tourisme. Au début nous pensions qu’il fallait payer un droit d’entrée. En fait ce n’était pas ça du tout. Nous avons été à « l’office de tourisme »sumatra 7423 et là ,oh surprise, Anita voit une carte postale de Zwolle,sumatra 7404 sa ville de naissance et d’habitation aux Pays Bas. Le monsieur en question parle très bien hollandais, il a appris avec son grand père qui lui, l’avait appris à l’école du temps de la colonisation. Il nous explique le fonctionnement de cette vie batak et aussi de ces belles maisons. Les familles vivent à plusieurs à l’intérieur. Dans celles que nous avons visitées se trouvaient huit et douze familles. Un panneau devant les habitations mentionne le nombre de familles, leurs noms et aussi l’année approximative de construction de la maison.sumatra 7424 L'entrée est surélevée avec une marche, il faut se baisser pour entrer.sumatra 7408 A l’intérieur il y a autant de points de cuisson (feu) sumatra 7410 que de familles. Sur le coté se trouve les chambres. Les jeunes filles sont coté fenêtre pour pouvoir entendre les jeunes hommes qui viendraient leurs faire la cour en jouant de la flûte en roseau. Cette dernière est unique à Sumatra. Les prétendants jouant chacun un air différent, la  dulcinée sait qui est sous sa fenêtre. Les jeunes hommes à l’âge de 17 ans doivent quitter la grande maison et vont dans une autre habitation qui leurs est réservée.sumatra 7433 Tout cela est très romantique et c’était sympa d’écouter cette façon de déclarer sa flamme, à l’heure du SMS,  du portable et du virtuel cela fait du bien. Les maisons sont décorées avec des couleurs vives,sumatra 7426 c’est très original. Nous sommes ensuite rentrés à Berastagi qui est la ville du chou.sumatra 7463 Toute la région est riche en culture maraichère.sumatra 7455 Ici même les petites filles, tout comme les petits garçons naissent dans des choux. Ils y naissent mais ils y meurent également, le plus souvent les tombes étant dans les champs.sumatra 7390 Je voulais leur chanter : « savez vous planter les choux, à la mode, à la mode… »mais je n’ai pas osé. Je terminerais avec cette jolie crèche rencontrée sur la route.sumatra 7395 Un clin d'oeil à mon amie Joséphine qui ne peut pas aller à la sienne.

Pascal    

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 17:10

 

Nous sommes partis à pied de la guesthouse pour ce séjour dans la jungle. Nous serons sept personnes au total, Jhony notre guide avec Saïd et Duan qui seront les porteurs, Noémie et Guy le jeune couple de français et nous deux. Jhony  nous donne des guêtres pour éviter les sangsues. En chemin nous  les ôterons, car il n’a pas plu depuis plusieurs jours et nous nous contenterons de mettre nos chaussettes sur nos pantalons. Anita et Guy ont quand même eu des sangsues sur le ventre mais rien de méchant, juste de quoi tacher le t- shirt de sang. Nous avons des sacs assez lourds quand même car il faut prévoir les vêtements de rechange, les sacs à viande (duvet léger), l’éclairage, les piles,  l’eau,  le matériel  de photo et aussi une petite pharmacie…on ne sait jamais ! Pour ma part je suis à peu près à 10kgs, Anita étant allégée du fait qu’elle a déjà pas mal de difficultés quand ça grimpe un peu. Et pour grimper, ça grimpe ! C’est la jungle et bien que les sentiers soient ouverts, parfois nous passons dans les broussailles, un chemin ouvert ne le reste pas longtemps s’il n’est pas pratiqué, il se referme vite. Dans cette région il n’y a quand même pas foule de touristes, la plupart préférant aller à Butik Lawang qui est un centre de réhabilitation des orangs-outans, ces derniers étant en semi-liberté et bénéficiant de plate-formes de nourrisage. Nos deux porteurs sont aussi très chargés,myanmar2 7031 ils transportent le campement et aussi l’intendance pour trois jours. Jhony est très à l’aise dans la jungle, il grimpe et marche plus vite que nous. Cela lui permet aussi de s’arrêter, d’observer et d’écouter. Il souhaite nous montrer les habitants de cette belle nature et ce n’est pas facile, ce n’est pas le zoo de Beauval, il faut traquer lentement la faune de façon à ne pas l’apeurer.  Jhony est doué pour cela, il a appris avec son grand père adoptif et il a du métier. Nous avons d’abord pu voir des  Thomas’s Langur,DSC04129 ce sont des petits primates facilement reconnaissables à leur ventre et dessous des bras blancs et à leur coiffure iroquoise.DSC04182 Chaque fois que nous voyons des animaux nous posons les sacs et restons  très longtemps à les observer.DSC04272 C’est tellement beau de voir évoluer ces singes dans la jungle, ils sont ici chez eux. Nous reprenons la marche et c’est à chaque pas un émerveillement pour moi de voir cette forêt. Les arbres,Shorea bracteolata (appelé ici Meranti)DSC04255-copie-1.JPG y sont majestueux ainsi que de très nombreuses autres espèces. myanmar2 6881bis Les différentes couleurs de vert forment un tableau que même le Douanier Rousseau n’aurait pas su peindre. Nous faisons des franchissements de rivières et ce n’est pas simple.DSC04217 Il faut poser les chaussures, ça glisse sur les pierres, c’est profond parfois et il y a souvent du courant. Tous ces ingrédients, Anita n’apprécie pas trop myanmar2 6933 mais il faut bien traverser ! Nous arrivons à notre premier camp de base. C’est là que nous déjeunerons myanmar2 6961 et nous y passerons la première nuit.myanmar2 7024 Après le repas nous repartirons dans la jungle mais sans les gros sacs et j’avoue que cela me plait bien. Saïd et Duan montent le camp et en premier s’occupent du repas. Je dois adresser mes félicitations à ces deux jeunes qui nous ont toujours très bien nourris.myanmar2 7021 De temps en temps Jhony venait donner un conseil pour la cuisine mais c’était toujours copieux et bon.myanmar2 7030 Les poissons ne sont pas pour midi,myanmar2 6941 ils feront partis du repas du soir. Nous buvons de l’eau amenée pour le premier repas mais par la suite ce sera l’eau de la rivière qui sera  bouillie ou alors nous y ajouterons des comprimés pour la purifier. Pendant la préparation du repas nous avons pu faire une petite remise en condition, faire sécher nos habits déjà plein de transpiration  et aussi nous baigner un peu dans le rivière dans un cadre idyllique. Anita était souvent marquée myanmar2 6827 (2) par les ascensions difficiles myanmar2 6926 mais là, elle avait retrouvé le sourire.myanmar2 6953 Après déjeuner nous sommes repartis dans la visite des lieux. Toujours autant de dénivelé à franchir et j’avais l’impression qu’il fallait monter toujours plus haut. Nous avions la tète soit dans les racines des arbres pour s’accrocher, soit dans la cime des arbres pour chercher à voir ceux que l’on cherchait, les orangs-outans. Après quelques temps nous avons été récompensé, nous avons vu nos deux premiers orangs-outans,myanmar2 7111 une mère avec sont petit.myanmar2 6998 Là haut dans un de ces très grands arbres de la jungle. C’était un instant magique et aussi d’émotion car nous connaissons le déclin presque irréversible de cette espèce de primates. De les voir là devant nous dans leur élément, à manger pour la mère et jouer pour le petit c’est surement une image qui ne touche pas les puissants dévastateurs de la jungle mais moi ça m’a touché. Nous sommes restés très longtemps, le spectacle était si beau,DSC04201 je ne pense même pas qu’ils nous avaient repérés.myanmar2 7120 Jhony en fin connaisseur a eu l’idée à un moment de nous déplacer un peu plus en retrait, vers un autre poste d’observation. Et là, ce qui était rêve c’est transformé en réalité. La mère et l’enfant sont tranquillement descendus d’une bonne dizaine de mètres et la mère a commencé à faire son nid pour la nuit. Elle a cassé plein de branches, mis des feuilles et quand le nid fut terminé, elle a pris son bébé par le bras et l’a tiré vers elle. Une main est sorti comme pour nous dire au revoir et puis plus rien, tous les deux blottis allaient s’endormir.

Pour nous c’était l’heure du retour vers le camp, la tète truffée de cette scène si rare avec de si belles images. En arrivant nos popotiers faisaient la vaisselle à la rivière.myanmar2 7081 Le soir nous dinons avant la tombé de la nuit. Les poissons seront grillés myanmar2 7023 et très appréciés, nous nous les partagerons avec un très bon curry.myanmar2 7022 Ensuite toilette à la rivière et une petite veillée autour du feu.myanmar2 7158 Jhony nous racontera une multitude d’anecdotes de ses différentes sorties dans la jungle. Nous ferons quelques jeux de cartes et aussi un peu de magie.myanmar2 7163 J’ai ressenti une ambiance familiale avec ce groupe, d’ailleurs Saïd et Duan, les deux plus jeunes nous appelaient maman et papa. Ce sont des moments forts car nous sommes dans un environnement merveilleux et la journée était si bien remplie. La nuit elle sera moins bonne, difficile de dormir sur la terre ferme, même dans la jungle ! Nous n’avions pas de matelas gonflables, juste un revêtement en plastique dur pour nous protéger du sol. Pas trop de visite d’animaux nocturnes ni de serpents, tant mieux. Le lendemain, petit déjeuner avec les pancakes myanmar2 7189 et c’est le départ pour un autre camp de base, nous avons de nouveau  crapahutés à la recherche d’autres instants si gratifiants. La matinée c’est passée sans voir quoique ce soit mais rien que cette flore si dense myanmar2 6885 avec ces beaux arbres myanmar2 6849 (2)  suffisait à mon bonheur. Nous avons fait plusieurs traversées de rivières avec toujours autant de difficultés. Le lieu du second camp de base est aussi très impressionnant. A cet espace naturel que représente la jungle vient s’ajouter un autre élément de Dame Nature, ce sont les brumes soufrées et  l’eau brulante qui jaillit de terre.myanmar2 7054 Cela donne là encore un décor insolite myanmar2 7075 ou ce mélange admiration et crainte. Le scénario de la veille se répète et après le repas c’est sans les sacs que nous partons en balade. Mais très physique la balade ! Là aussi nous sommes récompensés vidéo orang otan 4 car nous voyons encore une mère vidéo orang otan 3 avec son petit. Ce qui est surprenant est que nous avons été repérés par les deux orangs-outans et ils essayaient de nous envoyer des branches sur nous. Ils les cassaient et les lançaient en bas, comme pour nous faire fuir, à moins que ce soit un jeu pour eux... Nous sommes ravis de voir qu’il y a de la reproduction. Une femelle est adulte sexuellement vers l’âge de 10 ans  et peut avoir des petits jusqu’à 30ans. Elle accouche en moyenne d’un bébé tout les six ans. Son espérance de vie est de 40 ans maximum. Les orangs-outans sont solitaires et peu sociables. Ils sont souvent dans les très grands arbres et mangent des fruits,myanmar2 6800 (2) des feuilles, des écorces, des jeunes pousses et quelques insectes, œufs ou miel.myanmar2 7039  Ils ont besoin d’un vaste domaine pour la quête de nourriture. Les grands arbres sont indispensables à leur vie à l’état sauvage. De retour au camp de base, une fois de plus avec plein de souvenirs en tète, c’est aux papillons que je me suis intéressé.myanmar2 6831 Ces derniers viennent dans le sable qui est chaud myanmar2 6856 et soufré.myanmar2 7077 Ils sucent un peu de sel contenu dans le soufre.myanmar2 7224 C’est encore une chance de voir de si beaux papillons myanmar2 7185 myanmar2 7169 se laisser approcher.myanmar2 7226 C’est un régal de voir toutes ces couleurs qui se mélangent myanmar2 7063 quand ils s’envolent.myanmar2 6837 En fin de soirée, la cerise sur le gâteau a été le bain chaud dans la rivière.myanmar2 7149 Il fallait faire très attention car l’eau à quelques dizaines de centimètres pouvait passer d'un peu frais à brulant.myanmar2 7152 Nous avons même fait des œufs durs dans l’eau,myanmar2 7166 on la voit bouillir à certains endroits. La soirée a été à l'image de la précédente avec en plus une surprise pour les quatres touristes.Duan avait confectionné pour chacun d'entre nous un bracelet en rotin de la jungle. Il nous l'a enfilé avec une ficelle pour le faire coulisser. Ensuite nous avons posé nos mains sur la sienne comme pour communier ensemble et le remercier de ce beau cadeau.myanmar2 7164 La nuit n’était pas plus confortable que la veille mais la fatigue aidant nous avons quand même trouvé le sommeil. Le troisième jour nous sommes partis le matin vers une cascade. Noémie et Guy ont eu le courage d’aller sous la chute,myanmar2 6819 nous les avons applaudis en simples spectateurs. Nous avons vu également lors de nos sorties des cigales,myanmar2 6879 certaines très bruyantes,myanmar2 7125 de vrai sirènes, des lézards volants myanmar2 6838 et aussi des grenouilles.myanmar2 7202 Les gibbons ont souvent été entendu avec leurs cris si particulier. Nous les avons vu aller d'arbres en arbres, ils se déplaçaient très vite, pas le temps de les observer mais très beau à voir quand même. Pour  le retour vers notre point de déjeuné, Jhony a conseillé à Anita de repartir avec les porteurs par un chemin plus facile. Il a bien fait car je peux dire que c’était raide. De plus c’était le troisième jour de marche et les muscles étaient beaucoup moins frais. Mais une fois de plus la récompense était là car nous avons pu observer un jeune male.myanmar2 7101 Les males ne vivent pas avec les femelles ils sont souvent solitaires sauf bien entendu au moment ou la femelle est en chaleur. Nous avons fait un dernier repas en pique-nique et nous sommes repartis pour Kétembé.Quelques photos de groupe myanmar2 7231 pour immortaliser myanmar2 7233 cette superbe  sortie dans la jungle de Sumatra. Un grand merci à Jhony, Saïd et Duan. J’avais le cœur gros de quitter cet univers. Pour moi, venir dans la jungle de Sumatra c’est comme aller à Bornéo, ou en Amazonie. Ce sont des endroits que j’avais appris à l’école comme étant impénétrables et les poumons de notre planète Terre. Je suis content  de voir qu’ici le Gunung Leuzeur Parc myanmar2-6891.JPG est encore avec ses grands arbres majestueux. Mais je sais que cet équilibre est fragile et que les enjeux économiques menacent la jungle et ses habitants, notamment les orangs-outans.  Notre guide et son équipe de Jhony Jungle sont eux aussi très conscients de ces menaces. La déforestation est en marche depuis longtemps déjà et rien ne semble l’arrêter. Cette région de Sumatra est classé Unesco pour sa biodiversité, j’espère que cela préservera les orangs-outans. En tout cas pour ma part cette sortie est inscrite dans ma tète. J’ai  je pense touché le sacré avec les yeux, là-haut, tout là-haut dans les grands arbres de la jungle, regardez bien myanmar2 7011 il y a un orang-outan, il n’est pas en cage mais bien chez lui dans la jungle de Sumatra.

 

Pascal

 

 

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 06:14

Une grosse journée de transport aérien en passant par la Malaisie et  nous voici sur l’île indonésienne de Sumatra. Nous arrivons en soirée à Medan et nous repartons dès le lendemain matin pour rejoindre Ketambé qui est le point de départ de notre trek dans la jungle. La route est longue et difficile, beaucoup de trous, des virages et une circulation un peu compliquée ici à Sumatra. C'est-à-dire que normalement quand une voiture doit se déporter sur l’autre coté de la chaussée à cause d’un obstacle ou autre, elle attend que le véhicule qui vient en face soit passé. Ici ce n’est pas comme cela, c’est le véhicule qui arrive en face qui doit ralentir pour que l’autre passe. Evidemment cela crée des difficultés et aussi de belles frayeurs car nous avons souvent des voitures face à face !

Au fur et à mesure que nous progressons vers la destination finale je remarque que la forêt est de plus en plus belle et intense. Sur cette route pas de plantation de palmiers à huile et déjà cela me réconforte. Les paraboles sont presque à plat myanmar2 7250 et cela nous rappelle que nous sommes sous l’équateur, c'est-à-dire normalement dans une zone humide et chaude, ce qui favorise la végétation. Néanmoins je remarque que le sol est quand même assez sec  et il semblerait que là aussi le climat changerait, la pluie étant un peu absente ces derniers temps. Après pas loin de 10 heures de trajet, se profile Ketambé qui est vraiment retiré au fin fond de la jungle.myanmar2 7276 Nous passons devant l'école.myanmar2 7249 Plus loin une femmemyanmar2 7262 met les fèves de cacao à sécher.myanmar2 7278bis J’ai eu aussi au cours du voyage l’occasion de manger les fèves fraiches, du moins il faut sucer l’enveloppe de la fève,myanmar2 7264 c’est vraiment très bon. Nous sommes maintenant dans la province d’Aceh, c’est la province la plus islamique myanmar2 7257 et nous comprenons tout de suite qu’il sera difficile de boire une bière ! En fait le chef lieu de cette province, Banda Aceh a instauré la charia depuis 2001 et il est évident que nous ne monterons pas plus loin que Ketambé. Seul la jungle et ses habitants, les animaux, nous intéressent. Ces derniers étant  souvent moins « bêtes » que les hommes. Nous devions loger à Pondok Wisata myanmar2 7281 mais au dernier moment on nous dit que ce n’est pas possible car les rangers du « Gunung Leuzer National Park » occupent les lieux pour un séminaire. Nous avons été de ce fait à Gunung  Leuzer  guesthouse , qui est carrément en lisière de jungle.myanmar2-6800.JPG La chambre est très sommaire mais dès le matin nous apercevons des singes tout près du bungalow. Juste en contrebas, la rivière est très belle,myanmar2-6801.JPG les papillons sont là par centaines.myanmar2-6820.JPG C’est déjà superbe et tout cela nous rend impatients de découvrir cet univers qui est là devant nous, la jungle de Sumatra. Nous attendons un couple de français qui doit arriver dans l’après midi et qui fera le trek avec nous. Plus tard dans la journée, une fois que tout le monde est là, Jhony nous présentera  la sortie avec carte à l’appui. Demain nous partons à la découverte de cette faune si imposante et si nous avons de la chance peut être verrons nous quelques uns de ses habitants mais comme précisé par Jhony, « rien n’est garanti »… 

Pascal           

 

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 15:35

myanmar2 4508-copie-1Je ne savais vraiment pas à quoi m‘attendre dans ce pays. Juste une vague idée que cela ressemblerait un peu au Sri Lanka. Finalement pas de Sri Lanka, totalement différent de ce que nous avions déjà vu auparavant dans l’Asie du Sud Est. Une très bonne surprise, j’ai beaucoup aimé ce pays. Même s’il est vrai que je suis un peu vaccinée des stupas et autres pagodes, je retiens surtout la gentillesse des gens d’ici. Ils veulent tous nous faire plaisir. On nous avait prédit une mauvaise hôtellerie, ce n’est pas vrai, on a été plutôt bien logés dans l’ensemble et la cuisine est souvent bonne, même si moi je deviens de plus en plus difficile. Mais quand même, c’est un pays qui vit encore au temps du moyen âge. Rien n’est automatisé, tout est fait par la force humaine ou animale, tandis que tout le monde a quand même son téléphone portable et une télé. Les conditions de travail sont dures, il y a de la vraie pauvreté. Et des conditions d’hygiène laissent souvent à désirer. Il est certain que nous n’attachons pas l’importance aux mêmes choses. Difficile pour nous occidentaux de sonder l’âme asiatique. Le contraire est sans doute vrai également. Beaucoup de choses nous séparent, mais nous avons aussi  beaucoup de choses en commun. Dommage que nous ne pouvons pas apprendre des fautes des autres. On fait finalement tous le même chemin. 

 

myanmar2 4509Le Myanmar est un pays que j’ai eu grand plaisir à visiter. La population est très agréable avec une soif de communiquer avec nous. C’est un pays qui commence à s’ouvrir, le tourisme n’est pas encore très développé, du moins il n’y a pas de tourisme de masse. Je suis même très surpris car je m’attendais à voir plus  de monde. A part Bagan le reste du temps nous ne croisions pas souvent d’occidentaux. C’est peut être ce qui faisait l’intérêt porté par la population à notre égard. La relation était faite de simplicité, de curiosité mais pas d’intérêt financier ou commercial et j’ai beaucoup apprécié. C’est un pays qui, comme vous l’avez surement constaté au cours des articles, est encore à l’âge de pierres. Ce n’est pas un jeu de mots même si l’on casse encore les cailloux à la main pour faire des routes. Il est évident que les régimes totalitaires, où qu’ils soient dans le monde, sont un frein au développement des peuples et le Myanmar n’échappe pas à la règle. Les gens travaillent très dur et c’est parfois gênant pour moi de voir de telles conditions de vie. Nous avons utilisé les petites infrastructures et commerces locaux le plus souvent possible. Cela permettait d’améliorer un peu le quotidien des gens avec les dépenses effectuées, ce n’est pas grand-chose mais c’est déjà ça.  Le bouddhisme est très présent dans la société et peut être que la nourriture spirituelle atténue les souffrances du corps. Je ne sais pas ! En fait je m’interroge car je suis un peu choqué du contraste entre la dorure des pagodes et la vie difficile des gens. Mais je raisonne avec ma mentalité occidentale et je fais surement des erreurs. Comme par exemple quand je vois tous ces gens, jeunes et vieux qui chiquent le bétel avec la chaux à longueur de journée et qui crachent partout, je me dis : « c’est dommage car cela leurs abime les dents, elles sont rouges devant et noires à l’intérieur, et en plus c’est sale de cracher partout ». Oui mais quand je pense cela je néglige l’aspect culturel du pays qui fait que c’est comme ça. Alors je change mon raisonnement et j’admets la différence qu’il y a entre eux et moi. Voilà, le voyage apprend la tolérance, mais en fait il n’en faut pas qu’en voyage, au quotidien aussi ça ferait du bien…à méditer.

C’est comme le fait que les gens qui sont très propres sur eux vivent le plus souvent dans un environnement hyper pollué. Ils ne font rien pour arranger cela, la saleté autour d’eux ils ne la voient pas. C’est difficile à comprendre mais c’est seulement qu’ils n’ont pas appris et aussi qu’ils ne sont pas sensibilisés car personne ne met en  place le ramassage et le traitement. Alors avec tout ça on pourrait penser que je suis déçu du pays mais il n’en est rien. Les paysages sont très beaux, il y a aussi de l’authenticité dans la vie des birmans, ont ne peut pas rester insensible à tout ça. C’est un pays qui a sa place dans mon cœur et je souhaite que les années futures apportent plus de réconfort à ce peuple si attachant. Je terminerais avec une pointe de nostalgie en disant que les bonbons au tamarin vont me manquer !   

     

    

 

 

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