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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 01:27

Nous terminons notre périple indonésien par la capitale de Sulawesi, Makassar. Cette ville n’est pas très accueillante, bruyante et souvent sale.

C’est un très grand port car tout le commerce des iles avoisinantes et de Sulawesi transite par ici. Comme tous les grands ports il y a donc une agitation particulière. Ça grouille de partout,images5-5813.JPG le jour pour le travail et la nuit pour le plaisir….

Nous avons néanmoins découvert un endroit qui nous a intéressé pour son authenticité. C’est Elabuhan   Paotere, un port de commerce à l’ancienne, je ne pensais pas que ça existait encore. Ici pas de porte containers mais de très beaux et vieuximages5 5873 bateaux en boisimages5 5861 avec des cales remplis d’une multitude de choses. Cela va du riz en passant par les sacs de cimentimages5 5897 et les cartons de nourriture et tout ce qui peut faire commerce. Ici les hommes travaillent très dure, il faut tout décharger à la main, le plus souvent sous la canicule, comme lors de notre visite. Je me demande comment le squelette de ces hommes souvent très secs, peut supporter de telle charge sur le dos.images5 5865 Les conditions de travail et de sécurité sont  extrêmes. Avec leur charge, souvent de 80kg sur le dos, ils marchent sur de petites poutres, parfois dans le vide au dessus de l’eau,  pour aller charger les vieux camions Toyota.images5 5870 Dans les cales, la poussière et la chaleur sont insupportables.images5 5867 J’étais peiner de voir des hommes de mon âge effectuer ce travail harassant, de plus pour seulement quelques rupiahs par jour.

Tout près de leur lieu de travail il y a leur village et là aussi ce n’est pas évident d’y vivre. Nous l’avons rejoint par une passerelle en bambousimages5 5882 et nous avons osé entrerimages5 5883 dans ce labyrinthe d’habitations.images5 5874 Finalement nous avons été très bien accueilli, en plus une animation était présente avec une sono et une chanteuse, nous avons écouté et bien entendu tous les regards étaient tournés vers nous.images5 5888 Il y avait la télé localeimages5 5891 qui était présente et nous avons été filmé car nous avons dansé,images5 5892 c’était un grand moment ! Les gens voulaient que l’on reste manger avec eux mais nous n’avons pas honoré l’invitation par crainte d’être quand même un peu dépassé par la situation.

Malgré la saletéimages5 5879 et la misère, les gens savent s’amuser et oublier un peu la dureté de leur situation, du moins c’est comme ça que je le vois. De quoi méditer sur notre sort nous qui nous plaignons souvent alors que ce n’est pas toujours justifié.

Dans Makassar , il y a quand même de l’ambiance, les indonésiens aiment le karaoké et la musique. Un peu partout ça chante et ça joue de la guitare.images5 5921

En ballade j’ai été séduit par les poissons qui séchaientimages5 5926 car ces derniers étaient coupés dans le sens de la longueur et cela faisait apparaitre une symétrie parfaite,images5 5923 comme un reflet dans l’eau.

Une autre chose qui m’a bien amusée, c’est que ici les gens élèvent des coqs pas comme les autres. Ce sont des coqs rieursimages5 5834 et c’est vraiment trop bien de les entendre rire. Ces coqs coutent très chers  car ce sont des amuseurs.

 

Ce qui est bien moins amusant, ce sont ces ailerons de requins qui séchaient dans la rue.images5 5849 Quand on connait la façon dont ils sont récupérés c’est très attristant. 

Demain départ pour Kuala Lumpur et après l’Australie via Singapour, une autre aventure…     

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 01:57

Notre arrivée ici à Bira a été chaotique. Anita l’a expliquée dans un précédent article.

 Ce que je retiens du début de cette aventure dans le sud Sulawesi, c’est que la nature humaine et surtout occidentale est  faite d’impatience.

Nous avons l’habitude de trouver des solutions rapidement et d’être dans l’action, c’est le fonctionnement des pays industrialisés.

Mais ici ce n’est pas comme cela que les gens fonctionnent. Il est bon de savoir attendre et de voir ce qui ce passe. Apres seulement on peut essayer de faire quelque chose.

Anita dès notre arrivée voulait déjà repartir, elle avait oublié la « zen attitude » que nous voulons adopter au début du voyage. Nous avons finalement  patienté et nous en sommes chaque jour remercié par tout ce qui nous entoure.

Bira n’est pas paradisiaque mais nous avons crée les conditions pour y vivre douze jours inoubliables.

Tout d’abord l’endroit est très joli,image4 8057 les plages de sable blancimage4 8237, la mer qui nous offre ses refletsimage4 8189 et la population qui est très accueillante et chaleureuse.images5 7971 A cela j’y ajoute les levers et couchers du soleil,images5 5326 instants toujours féeriques, le snorkelingimages5 5435 dans une mer aux poissons multicoloresimages5 5451 (je n’avais plus connu cela depuis le lagon calédonien),images5 5413 la liberté de nos déplacements grâce à la moto et un logement à Kaluku Kafé simple mais qui nous procure tellement de bonheur.images5 8020

Nous avons vécu tranquillement, sans rien nous imposer. Un peu de lessive de temps en temps,images5 8010 Anita a joué les infirmières, elle a aussi essayé de nettoyer la plage mais ce fut peine perdu.images5 5374 De temps en temps des articles et des vidéos à faire pour le blog.

Nous avons aussi préparé quelques repas succincts, histoire de manger un peu « comme a la maison ».image4 8063

Pour ma part, tous les matins j’étais debout pour observer le lever du soleil,images5 8034 Anita dormait tranquillement, baignée par cette douce lumière du lever du jour.

En plus le climat me convient très bienimages5 5622 et a occasionné une chose que je croyais inespérée. Mes cheveux poussent très vite et s’ébouriffent dans la bise du bord de mer.images5 5575

Sur la plage il y a de drôles de constructions de sable,images5 7963 moi je préfère celles des bateaux…images5 5604

Les balades en moto nous ont permis de voir travailler la DDE localeimage4 8131 qui rebouche les trous (il y en a beaucoup) à l’arrosoir !image4 8130 Hé oui, les moyens sont modestes. Après il n’y a plus de trous mais des bosses….

Dans la campagne le cheval sert au ravitaillement en eau,images5 5560 c’est très précieux l’eau en ce moment dans cette région. Un puits de 50 mètres permet d’avoir de l’eau mais il faut la sortir à la main.image4 8151

Du coté du bord de mer c’est la culture des algues agar agar qui occupe les familles.images5 5527 On récolte aussi les noix de  cocoimages5 5545 pour extraire le copra.images5 5529

Les constructions navales m’ont particulièrement impressionné.image4 7880 Nous avons pu voir le début du navireimages5 5500 jusqu’à sa fin. Les planches sont débitées à la tronçonneuseimages5 8008 ou à la scie à rubanimages5 5513 quand il y en a une.images5 5515 Les assemblages sont chevillés,images5 5508 ces dernières sont fabriquées sur place avec du bois de fer.images5 7940

C’est beau de voir tous ces gens s’affairer pour constituer ces supers bateaux.images5 7945 Cela représente du bois c’est évident,images5 7944 le plus souvent il vient de Bornéo. J’espère seulement qu’il y a une politique de reboisement car cela représente quand même quelques billes de coupée ! À faire rougir d’envie, Jean- Pierre et Michel du coté du Cher, deux passionnés du travail du bois.

Le matin, de  bonne heure, je suis allé voir les pêcheurs qui rentraient. Ils font de belles prises même si la saison sera meilleure dans quelques mois.image4 8258 Les poissons sont souvent très colorés.image4 8262

Nous participons un peu à la vie locale, Anita est allée dans une classe image4 8227car elle a fait la connaissance d’Ati qui est prof d’anglaisimage4 8228 et elle a été invitée à un cours. Les classes sont très dénudées et les moyens restreints. C’était dans une école musulmane, la religion majoritaire ici dans le sud. Son mari tient le seul Warnet de Bira, nous y allons souvent, on nous offre le café et les gâteaux maintenant.

C’est marrant comme les liens se créent quand on commence à vivre avec la population, on nous reconnait partout et tout le monde nous salut avec le sourire. C’est sympa.

Ici on démonte une caseimage4 8312 alors je donne un coup de main à porter,image4 8314 sur la plage une dame récupère du bois et je l’aide un peu, tout cela fait que les gens sont content de nous voir. J’ai aussi fait un blog pour Salassa GH. Nous avons sympathisé avec Shanty et Eriqimages5 8322 et je me suis proposé de lui montrer comment on fait un blog. Il était super content et sait maintenant le mettre à jour. Je donne le lien : salassaguesthouse.over-blog.com   allez le visiter cela lui permettra d’être mieux situé dans les moteurs de recherche.

Shanty, elle, nous a donné des cours de cuisine, du moins nous l’avons un peu forcée car nous trouvons sa cuisine délicieuse. Elle avait envie de faire cela mais ne savais pas trop comment s’y prendre. Nous l’avons motivée et nous avons fait des fiches  pour elle avec conseils et explications sur la manière de s’organiser. La cuisine restant bien entendu son domaine.

Après ces journées si bien remplies, la dégustation d’un bon plat s’impose. C’est Shanty  de Salassa GH et Bartho du petit restaurant au bout de Pantai timor qui nous régalent. Dans ce dernier Mélissa  décore la table avec gout et est contente de nous recevoir.image4 8293 Avec Déonardo il font une belle familleimage4 8289 qui vit dans un endroit idyllique. Pourvu qu’il le reste encore longtemps.  Je rajouterais les repas de Kuluka  Kafé qui sont également très succulent. Rose et Firmin nous ont rendu le séjour très agréable et je tiens à les remercier.images5 5798

Voilà comment ces douze jours se sont passés, simplement mais dans un cadre très agréable, la vue très belle de ce bord de mer ici sur cette pointe de Bira, avec la chaleur de l’air que nous ventilent les vents marins.

Entre ciel et mer nous sommes donc passé de l’ombre des premiers jours à la lumière du reste du séjour. De quoi nous mettre la tète à l’envers.image4 8300 Ce ne sera pas facile de quitter cette région images5 5626et je pense qu’Anita est maintenant bien contente de ne pas être parti le premier soir…..

 

 

 

 

 

 

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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 07:36

Assis sur un tronc de cocotierimage4 5691

Tous les matins je fais le guet

Je scrute l’horizon comme un vieux renard des mers

Il va arriver, je le sais mais sera-t-il couvert

Se cachera  t- il derrière un nuage

Ou  prendra t il son plus beau voilageimage4 5325

Pendant que la nuit déjà vous rêvez

Le voilà qui pointe le bout de son nez

Boule de feu incandescente

Sur la mer argentée tu es présente

Source de chaleur, de lumière et de vieimage4 5477

Nous ne te dirons jamais assez Merci

Magie de cette terre ronde et tournante

Tous les matins tu m’enchantes

Tu me fascines et  m’émerveilles

Merci Soleilimage4 5486

Je préfère ton lever à ton coucher

J’ai la chance ici de pouvoir t’observer

Quand tu apparais ta lumière est plus douce

Un peu comme la peau d’une belle femme rousse

Elle s’intensifie quand dans le ciel tu t’élèvesimage4 5312

Pour  éveiller la terre tu fais briller ta sphère

Tu marques le commencement et à mes yeux

Le début de quelque chose est déjà merveilleux

Une histoire qu’elle soit d’amour ou de tous les jours

C’est bien quand ça commence mais la fin c’est plus lourdimage4 5316

Tu apportes la vie mais aussi parfois la mort

Il faut savoir t’aimer mais ne pas s’exposer

Quand dans le ciel derrière les cumulus tu te caches

On te croit absent et beaucoup se fâchent

On te rouspète et l’on t’en veutimage4 5638

De ne pas te montrer plus généreux

Mais ton absence est aussi bienfaitrice

Pour cette terre pleine de caprices

Quand dans la soirée de quelques mètres je me déplace

Je te vois descendre très vite sur l’autre faceimage4 7999

Je te regrette et ça m’embête

Mais je sais que demain de ma fenêtre

Tu vas renaitre et me ravir

J’en profite encore un peu car cela va bientôt finir.

  image4 8115image4 8045

 

 

 

 

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 11:27

 

Nous sommes le 12 septembre, une semaine de passé à Bira et tout à changé pour le mieux.

Le week-end dernier (3 septembre), en nous promenant sur la plage nous avons croisé un jeune couple. Comme il y a tellement peu de touristes, on se parle entre nous dès que l’on en aperçoit un. C’est une sorte de solidarité quand on est loin de tout. Le touriste en Europe ne parle pas à n’importe qui, mais à l’autre bout du monde ça change.

Nous nous disons donc bonjour (in english of course !) Il s’avère que ces jeunes anglais parlent un français parfait, ils ont travaillé en Afrique francophone. Je leur fait part de ma déception du lieu, et ils affirment avoir eu le même sentiment. Mais ils ont trouvé un petit paradis pas loin d’ici, sur la plage de l’est (Pantai Timur) à Kaluku Kafé. Ils ont loué pour la nuit suivante. Il y a que deux bungalows, ça se trouve dans un petit village de pêcheurs et c’est paraît-il paradisiaque. Maintenant je me méfie du « paradisiaque », mais venant des gens qui ont fait l’Afrique et habitent à Jakarta, ça vaut le coup d’aller voir sans doute.

Par contre ce sera le lendemain, il fait déjà nuit (18H30 heures) et il faut marcher pendant 3 kms environ. Nous mangeons dans un restaurant avec vue sur la plage. A côté de nous un couple de français de notre âge (de Narbonne). Pascal leur demande où ils logent. Pas loin, pas mal, mais ici il y a trop de monde (nous sommes d’accord). Par contre demain ils iront sur l’autre plage à Kaluku Kafé, un petit paradis, ils ont pris le dernier bungalow. Décidément, il faut que nous voyions cela.

Le lendemain donc nous sommes partis avec Marion pour voir ça. Nous passons le port, après nous passons sur la plage.image4 5567 Le sable est blanc, la mer est bleue, il y a des cocotiers, ok, mais il y a aussi du papier et bouteilles en plastique qui traînent partout et des tombes!

Comme dans beaucoup de pays tropicaux dans les villages de pêcheurs on enterre ses morts sur la plage (pour la pêche éternelle). En Guadeloupe c’est comme ça, à Madagascar aussi. Ici c’est musulman, on le voit aux tombes. Mais entre des tombes il y a pleins d’immondices aussi, pas très respectueux des morts je trouve.

Nous longeons la plage et ne trouvons pas ce que nous recherchons, pas de Kaluku Kafé en vue. A la fin de la plage il y une construction de gros bateaux en bois. Nous avions lu que les gens ici étaient des spécialistes pour ça.image4 7920 La construction se fait pratiquement sans plans, la longueur et largeur du bateau ne sera connu exactement quand il est achevé, ça dépend de la longueur des planches. C’est un travail magnifique, ça fait penser aux bateaux de corsaires. C’est très impressionnant et tout est fait avec des outils rudimentaires.image4 7875 Ils font des planches directement dans les troncs d’arbres avec une tronçonneuse (elles sont droites !). L’étanchéité entre les planches est faite avec une fibre laquelle ressemble fortement au niaouli (je pensais qu’il n’y en avait qu’en Nouvelle Calédonie !). C’est bien ce chantier, mais ça représente beaucoup d’arbres de bois exotique à couper !

A côté du chantier se trouve une maison de bois et de bambou très jolie sur la plage. Un petit garçon interpelle Marion et demande si nous voulons boire quelque chose. Nous demandons un thé. Sa maman vient nous servir. Elle est très jolie et parle anglais. Le garçon s’appelle Deonardo et respire la malice et l’intelligence.image4 7926 Lui aussi sait dire quelques mots en anglais, mais après il bavarde surtout avec Marion en Indonésien. Ils ont l’air de bien s’entendre tous les deux.

Pascal fait des photos autour et moi je parle avec la maman de Deonardo. Elle me raconte que son mari fait faire des canoës en bois massif qu’il exportera en Belgique.image4 7886 Qu’est-ce qu’on peut bien faire avec ça en Europe ? Des canoës avec balanciers ? Pour les loisirs ? Pas facile à transporter sur une voiture, ça pèse combien ?

Marion nous rejoint et dit que je suis Blanda (hollandaise), la fille répond que son mari aussi. Ah bon ! Il n’est pas là bien sûr ? Si, il est dans la maison. Bon j’aimerais bien le renconter quand même. On peut se trouver au bout du monde, on trouvera toujours un hollandais qui traîne quelque part. Ça s’avère vrai encore une fois. Nous faisons donc connaissance avec Bartho image4 7912 Effectivement il fera son premier container avec des canoës et un complément de tables massives pour le port d’Anvers (moins chers que Rotterdam) pour ensuite les vendre en Hollande. Il y aurait de l’intérêt. La coque est massive et donc non démontable, mais le reste, le balancier et mat se démontent. Il est vrai qu’en Hollande la voile se pratique beaucoup sur les lacs, il y a d’ailleurs de très beaux bateaux traditionnels frises en bois aussi. Il y a peut-être un marché. En tout cas ils sont magnifiques, je lui souhaite que ça marche.

Ils habitent effectivement un endroit magnifique, au bout de plage, directement sur le sable avec la mer à 3 m quand elle est à marée haute. Par contre la journée il y a le bruit des marteaux et les tronçonneuses, mais c’est le business. Bartho me dit que Mélissa (sa femme) voudrait faire une pizzeria (la pizza est exotique en Asie). Ils arrivent à en faire dans un four à mettre sur le gaz. Pour le moment c’est lui le cuisinier. Il fait aussi des spaghettis bolognaise, des lasagnes et des plats plus locaux. Nous décidons de rester manger et de goûter son Fu Young Hai. Après le repas Deonardo nous accompagne pour nous amener à Kaluku Kafé, parce que nous sommes passés devant sans le voir.

Finalement c’était en plein milieu du petit village. Il y a un jeune qui parle bien anglais et nous visitons les deux bungalows (nous revoyons les Narbonnais). Nous avions prévu de rester plus de 10 jours, donc il faut un peu d’espace quand même. Maintenant si nous pouvions avoir internet en plus dans le village ce serait le top ! Pascal avait lu sur une GH (Sallassa) où on devrait avoir internet et en plus on y mangerait très bien. Le soir de notre arrivée nous y étions allés. Il n’y avait pas grand monde, une jeune fille nous avait dit, que l’internet était parti, mais devrait revenir le lendemain. Bizarre, mais je pensais qu’elle voulait dire que c’était tombé en panne et que ce devrait être réparé le lendemain. Finalement le propriétaire était parti pendant les vacances scolaires et avait remporté son pc portable sur lequel il reçoit internet par un modem, une clé 3G. Ça nous donne donc une possibilité de communication avec la famille et les amis au moins par le mail et nous espérons pouvoir alimenter le blog de temps en temps.

Le lendemain nous arrivons donc au Kaluku Kafé avec nos sacs à dos avec un transport très local. Un petit minibus complètement défoncé, mais il nous transporte. Vu l’état de la route on comprend l’état de la voiture. Nous prenons possession de notre chambre, une grande pièce claire, avec deux lits, image4 8014une salle de bain avec douche à eau froide. L’eau vient d’un grand bidon qu’on fait livrer, elle est précieuse ici. Pas de chasse d’eau, mais une grande poubelle remplie d’eau avec une gamelle pour passer l’eau dans les WC. image4 5597Comme la chambre n’a pas encore été nettoyée, on fait un tour sur la plage. C’est dimanche, il y une famille entière (environ 30 personnes, 4 générations) qui fait du pique nique sur la plage. Une énorme gamelle de riz, du poisson, du sambal, des légumes. Ils veulent à tout prix que nous restons manger avec eux. Le fait que Marion parle Indonésien aide bien pour la conversation, mais il y en a deux ou trois qui parlent un peu anglais aussi. Une femme de mon âge me dit « you are very rich ». Du coup je ne sais pas ce qu’elle veut dire, il faut que nous payons c’est ça ? Mais non, son neveu m’explique, elle veut dire le fait d’avoir beaucoup de famille et d’amis autour de soi fait qu’on doit se sentir riche. C’est vrai, c’est très chaleureux, et ils ne veulent surtout pas qu’on paye. C’est l’hospitalité de ce pays.

Ensuite nous pouvons intégrer notre chambre. De la mer, nous aurons le lever de soleil de la fenêtre en face du lit.image4 5324  Finalement nous serons pas mal ici, sûr que nous pouvons rester quelques jours.

Et voilà comment la première semaine se passe, tous les matins nous sommes réveillés par la mosquée (juste à côté) à 5 heures du matin. Mais le chant est assez mélodieux. Et comme ça Pascal est réveillé à l’heure pour la levée du soleil, je dois avouer que je n’ai rarement le courage de me lever. Comme nous habitons presque sur la plage, la mer vient très près quand la marée monte et ça fait un bruit énorme, surtout la nuit. Toutes les nuits je me réveille et je pense que nous avons une tempête dehors. Mais non, c’est juste la mer qui monte et le vent dans les cocotiers.

Nous avons loué une moto pour tous le séjour et pouvons donc nous promener à notre guise. Depuis que nous avons la moto, nous avons découvert un autre accès internet (Warnet) dans le village. Ce n’est pas toujours rapide, mais ce n’est pas cher non plus. Nous y venons régulièrement donc les propriétaires nous connaissent maintenant. Elle est prof d’anglais dans un collège, elle voudrait que je vienne dans sa classe pour parler aux élèves et leur donner une possibilité de pratiquer leur anglais avec un étranger. Nous avons donc fait quelques connaissances locales, nous faisons un peu partis du décor maintenant.

L’autre jour nous avons visité un village où les pêcheurs ont abandonné la pêche au profit de la culture d’agar agar (des algues), image4 5276ils ont tendu des cordes dans la mer qui se tiennent flottants à l’aide de bouteilles en plastique. image4 5293Ce n’est pas esthétique bien sûr, toutes ces bouteilles, mais c’est sans doute plus lucratif et moins dangereux que la pêche.image4 5289 La plage est magnifique ici par contre. image4 5282Nous voulions manger quelque chose dans le village et cherchions un Warung (petit resto locale). Sous une maison il y avait beaucoup de personnes et des tables. J’ai demandé si on pouvait manger là. « Yes you can, but we don’t have any money». Ce n’était donc pas du tout un restaurant, juste une famille et des amis. Mais il a fallu que nous mangions et pas question de payer après. Il y a une hospitalité hors paire ici.

En repartant il a fallu reprendre de l’essence. Pas de grandes pompes, mais pas de danger de tomber en panne sèche. Tout les 500M environ il y a un petit stand avec des bouteilles d’un ou deux litres d’essence. Quand nous voulions en prendre cette fois-ci il n’y avait personne d’abord, mais deux minutes après, nous étions entouré par au moins 20 personnes, nous sommes la curiosité des villages.image4 5308 Nous avons beaucoup plus de succès que Nicolas et Carla.

Comme nous n’habitons pas Bira Beach, « là où la vie se passe », enfin là où il y a les quelques restaurants, de temps en temps nous essayons de se débrouiller le soir pour le repas nous même pour éviter de revenir de l’autre côté. Mais ce n’est pas facile. Il n’y a pas grand-chose à acheter. Pas grand-chose dans les magasins, pas grand-chose sur le marché non plus. En plus nous n’avons pas de feu à notre disposition, donc il faut que ça reste au niveau de salades et de fruits ou boîtes de sardines.image4 8064 Nous nous couchons comme des poules, surtout moi, il fait nuit tôt, et il n’y a strictement rien à faire. Donc je lis, je vous écris, Pascal prépare les photos pour mettre sur le blog, ou s’amuse avec les enfants ici. Pas de télé du tout, donc pas de match de rugby……,, voilà pourquoi on doit se faire nos propres matchs (voir vidéo article precedent). Nous passons des vacances repos.

Anita

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 04:58

A Bira aussi nous preparons la coupe du monde.

L'equipe ne sera peut etre pas competitive  mais nous rigolons bien ....

 

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 08:47

Après avoir visité le pays Toraja, nous avons fait le chemin de retour vers le sud ensemble avec Topik notre guide, notre chauffeur et Marion direction Bira, la pointe la plus au sud de Sulawesi.

Nous nous sommes arrêtés en chemin sur un lac à Sengkang. Avec deux pirogues à moteur nous avons d’abord pris une rivière laquelle n’était pas particulièrement jolie d’ailleurs, mais dans la rivière il y avait plein de pêcheurs image4 7735assis à cheval sur une grosse bouée avec une caisse attachée pour mettre le poisson. image4 7726Ils sont habillés en manches longues avec des cagoules image4 7736et des chapeaux contre le soleil. Dans l’ensemble ils ne sont pas très jeunes, sans doute ce n’est pas un travail qui fait rêver les jeunes.

La rive de la rivière est à ras de l’eau et on cultive des légumes et du soja sur les bords. Ensuite on arrive sur le lac, une grande étendue d’eau avec des grosses parcelles de hyacinthes d’eau, avec ou sans clôture. Là il y avait tellement peu d’eau par moment que nous devions quitter le bateau par moment et marcher à côté. image4 7757C’est très particulier comme paysage, très paisible. Nous sommes arrivés au village de pêcheurs, pas vraiment un village, image4 7761plutôt quelques maisons flottantes, image4 7766regroupées par famille. Tant qu’il y a de l’eau dans le lac les gens vivent là, pêchent et sèchent le poisson pour le vendre.image4 7771

Ce sont des habitations très sommaires,image4 7773 avec des conditions d’hygiène approximatives.image4 7776 Nous avons quand même pris le thé et Marion qui parle très bien l’indonésien a discuté avec les gens et parlé de nous, parce que les gens veulent toujours tout savoir sur nous. Comme nous qui voulons tous savoir sur eux, n’est-ce pas? Par contre quand elle a mentionné que j’étais Blanda (le mot pour hollandais depuis les colons) il y en a un qui a commencé à faire le geste d’une mitrailleuse. Ça ne m’a pas franchement mis à l’aise, mais bon, il faut assumer ses ancêtres. Je n’ai pas fini mon thé, rien avoir avec la mitrailleuse, mais mon verre était un peu gras…

Nous sommes à la saison sèche et l’eau du lac s’évapore. Il n’y aura plus d’eau dans une semaine et les pêcheurs se transformeront en cultivateurs pendant ce temps, ils quitteront leurs maisons flottantes et habiterons des maisons provisoires sur le bord de la rivière. Les poissons se réfugieront sous les hyacinthes d’eau ou bien mourront par manque d’eau. Pourtant à chaque saison de pluie quand le lac se remplit à nouveau il y a toujours autant de poisson, nous dit on. Ce soir là nous nous sommes arrêtés pour dormir à Sengkang.

Le lendemain c’était la dernière étape, mais ça représentait encore une journée de route. On construit des routes en ciment ici. Ce n’est pas mal, mais ça prend énormément de temps, d’abord un côté pendant une certaine portion, ensuite l’autre. Quelquefois il y des problèmes de finances ou autres et les travaux s’arrêtent (une route peut prendre plusieurs années), la circulation est donc toujours difficile. En plus il y a aucune règle de conduite ici. Quand il faut rouler sur une voie pour cause de travaux, il n’y a ni feu, ni personne qui règle la circulation alternée avec un drapeau. Tout le monde avance en même temps et personne ne laisse passer personne. Vous pouvez vous imaginez le b…….. que ça fait. Les trajets sont donc toujours très longs, même si ça va pour le nombre de km. C’est aussi pour cette raison que nous avions un peu raccourci notre itinéraire dans le nord, nous devrions encore visiter un autre lac (Poso) au dessus Toraja, mais ça nous aurait fait deux jours de voiture en plus. Nous sommes donc arrivés à Bira le vendredi soir au lieu du dimanche comme initialement prévue.

C’était la fête pour la fin du Ramadan et toute la population locale se trouvait à Bira. Beaucoup de jeunes en moto et des familles entières. Comme nous avions changé nos plans le guide a change l’hôtel qu’il avait prévu pour nous. Et là pour la première fois c’était assez décevant. Des gens très gentils et accueillants mais des chambres petites et sombres avec des matelas qui avaient vécus des meilleurs jours.

Notre guide et chauffeur voulaient repartir toute suite pour pouvoir rendre la voiture au plus tôt. Nous voilà donc planté là, dans un décor pas vraiment super. La première chose que nous avons faite est faire le tour de toutes les GH pour voir s’il n’y avait pas mieux. Nous avons trouvé mieux pour le lendemain. Nous sommes passés par la plage. Rien à dire, eau bleu, sable blanc, magnifique, mais une foule énorme, personne en maillot de bain, bien sûr, nous sommes en pays musulman, donc les gens se baignent tout habillé, ou pas du tout et sont assis sur la plage pour boire et manger et jeter les déchets directement par terre.

Quand on nous voit (il y a vraiment très peu de touristes), on nous saute dessus « hello mister (pour Marion et moi également) what’s your name ? Foto, foto !!!! » Tout le monde veut nous prendre en photo. Je vous assure nous sommes des vedettes. Pascal et Marion se prêtent de bonne grâce, mais moi j’en ai vite assez. C’est NON! C’est surtout Pascal qui a le plus de succès, même avec les jeunes filles voilées, tout le monde veut être pris en photo avec lui.

Nous les soupçonnons fortement de faire une sorte de concours entre eux sur facebook (qui est très populaire ici). Genre, qui a pris le plus de photos de touristes blancs pendant le week-end. Enfin je dois vous avouer que la fatigue, la chambre, et la foule m’ont complètement démoralisé, en plus Pascal avait prévu de rester une bonne semaine ici ! (Par contre il s’est rappelé pourquoi il ne fallait par arriver un week-end, trop de monde….). J’ai maudit notre guide d’être reparti tout de suite, parce que sûr que je serais reparti dans la foulée.

Nous voilà coincé ici. Au moins jusqu’à lundi (5 septembre), jour où Marion repart en voiture pour Makassar pour ensuite rentrer sur Kuala Lumpur et Paris.

A suivre

Anita

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 05:48

Un marché de plus sur le blog ! et oui, au marché je suis comme un enfant dans un magasin de jouets. Ces odeurs, ces couleurs, toute l’animation et la vie qui s’exprime me plaisent et je ne m’en lasse pas.

Alors là je fus gâté car les marchés au pays Toraja, c’est quelque chose….devinez qui en sont les vedettes ? et bien les futures offrandes aux morts.

Les cochons en grande quantité405 sont en général attachés sur des bambous et ne grognent pas trop.082bis Le prix ce situe vers un millions de roupias, la centaine d’euros. Pour le transport, tout est autorisé, sur l’épaule, en brouetteimage4 5176 ou en moto410 ou bien entendu en véhicule.

Les buffles eux sont un peu à l’écart, ils sont tous très beaux image4 5161mais ceux qui ont le plus de valeur sont les buffles tachetés de blanc et de noir.image4 5158 Un buffle peut valoir de 30 millions à 70 millions de roupias soit de 3 milles à 7 milles euros. J’ai essayé de vendre Anita image4 5173même beaucoup moins chère mais elle n’était pas tachetée et personne n’a fait de proposition !

Les coqs eux faisaient le spectacle, ce sont les protégés de ces messieurs qui les bichonnent pour les combats. Ces derniers sont parait il interdit, donc ils ont lieux dans la clandestinité. Sur le marché ils ne sont là que pour se montrer et aussi faire quelques simulations de combat399 mais ils ne sont pas armés (pas de lames tranchantes aux ergots).

Mais la région est aussi productrice de cacao,image4 5137 il est partout présent dans la nature.139 Le café produit est en majorité robusta.image4 5143 Les légumes sont très nombreux et de bonne qualité. Le sucre de palme est lui aussi récolté et c’est un produit très succulent.066 Le vin de palme lui n’a pas eu la même appréciation. Toutes ces marchandises donnent de belles couleurs sur les étalages.359 Les riz qui vont de la transparence au noir en passant par le mauve et le rouge, un régal pour les yeux.351 Le tabac est aussi récolté et fumé.417 Il y a aussi le betel et les noix de palmiers pour aider au décollage cérébral...Marion369 et Anita371 se sont rappelées leur jeunesse !

Les piments image4 5146et les épices rajoutent une touche très vive à cette palette de peintreimage4 5144 déjà très colorée.

Pour finir cet article et aussi cette aventure au pays Toraja je rajoute ces deux belles photos d’enfants que j’ai pu capter sur ces marchés, instant magique de l’image…

375   image4 5147

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 09:50

Dans cette région d’Indonésie, il y a une âme dans chaque coin de rue, dans chaque village. La nature y est très belle et nous avons eu la chance avec Topik, notre guide de pouvoir l’apprécier.

Nous sommes montés à 1500 mètres dans le petit village de Batu Tumonga. De très beaux paysages image4 7565le long de l’ascensionimage4 7571 et au final les nuages qui venaient caresser la montage.

Sur la place du village il y avait un rendez vous de scouts, l’ambiance était joyeuse et bonne enfant. Nous nous sommes joint à cette petite communauté et avons participé de façon ludique à pimenter la fin d’après midi car nous étions l’attraction. Marion et moi-même avons été désignés pour animer une chanson locale en faisant répéter aux enfants les gestes que nous inventions, c’était assez rigolo!

Nous avons logés chez l’habitant, Nenek Mega image4 7608et son mari Pogrante image4 7611nous ont accueillis dans leur maison. image4 7628Ils élèvent leur petite fille qui est venu à la vie quand sa maman perdait la sienne. Ici les accouchements se font à la maison et s’il y a des complications cela peut être tragique. Le papa est parti travaillé a Bornéo et ne vient plus très souvent maintenant.

Malgré ce malheur de deux ans seulement, le sourire est revenu sur leur visage et j’ai beaucoup apprécié leur façon de nous accepter. Ils avaient préparé un plat local à base de noix de coco, de poulet et des herbes qui ont cuit dans un bambou.image4 7610 Le riz et les pâtes accompagnaient ce plat fort délicieux. De mon coté j’avais acheté au marché des avocats et je les avais préparés avec les moyens du bord c'est-à-dire uniquement citrons, sel et piments. C’était frais et cela accompagnait bien le plat, du moins pour nous car pour les indonésiens l’avocat c’est un produit bas de gamme qu’ils n’apprécient pas.

Nous avons préparé tout ça dans leur cuisine et après nous avons diné devant la maison Toraja ou nous logions. Il faisait quand même un peu froid mais Nenek Mega avait prévu des couvertures.

Le lendemain, après la photo de famille nous avons pris la route pour une rando de 10 kms à travers la campagne. Tout au long du chemin les activités des villageois attiraient notre regard. Ceux qui m’ont le plus impressionné, ce sont les tailleurs et forgerons image4 5228qui font des caveaux dans les rochers en granit. Dans la montagne les gens sont « encailloutés » dans les rochers image4 7639qui sont très nombreux dans les champs. Le caveau fait un peu moins de deux mètres cubes et sa géométrie est parfaite, les bambous servent de gabarit pour les dimensions.image4 5209 Ces caveaux servent pour toute la famille. Il faut environ huit mois pour en faire un. Deux forgerons affutent en permanence les outils et deux tailleurs enlèvent à coup de burins les éclats de granit. C’est incroyable ce travail, il faut un moral bien plus dure que le granit pour pouvoir exercer un tel métier. Pour le règlement ce sera un buffle que les quatre personnes devront vendre pour avoir de l’argent.

Tant que nous sommes dans les caveaux, je voulais aussi vous parler des bébés qui meurent.C’est à dire des bébés qui n’ont pas encore de dents.  Ils ne sont pas mis dans des tombeaux mais dans le tronc des gros arbres. Des arbres dédiés à cela. Je trouve que c’est poétique de mettre les bébés dans les arbres 335biscar ce dernier continue à vivre et au plus profond de lui repose aussi une vie trop vite éteinte. Sans le faire exprès mon appareil photo à pris une image un peu bizarre, comme si l’endroit avait troublé l’objectif ou tout simplement l’homme.

Dans les champs les femmes récoltaient le riz en faisant des bouquets qui seront mis au soleil pour sécher avant d’aller dans les greniers. Je me suis essayé avec elles à couper ses pointes de riz image4 5248mais elles m’ont vite limogé car je n’étais pas assez rapide.

Nous avons traversé de belles forêts de bambous,image4 7653 les rochers escarpés donnent des panoramas de carte postale que j’ai eu du mal à saisir avec mon appareil image4 5239BISmais qui sont dans ma tète. Dommage pour vous !

Arrivés à Rantepao nous avons visité une maison de tisserand. image4 7686C’est le coton que l’on file et colore avec des colorants naturels. image4 7684Du très beau travail qui mérite d’être souligné.

Ces balades en pays Toraja nous ont permis de faire une fois de plus de belles rencontres et je voudrais mettre à l’honneur cette école d’enfants orphelins Yayasan Malabi encadrée par Marteen qui apprend la musique à ces jeunes.179 Ils ont joué pour nous et nous avons dansés avec eux, 173partagés au travers des chants un petit quelque chose qui fait du bien à tout le monde. Nous avons visité le dortoir, les enfants mettent leur photo avec le métier qu’ils veulent faire plus tard. 186Cette école vit de dons et est soutenue par des associations. Si l’avenir de chacun est à l’image des morceaux qu’ils ont joués, je ne suis pas trop inquiet car c’était très beau.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 10:22

Je voudrais avant la lecture de cet article vous dire que la cérémonie funéraire au pays Toraja est très loin de nos repères occidentaux. C’est un rituel qui se transmet de générations en générations.

Cette tradition repose sur le sacrifice d’animaux pour aider l’âme du défunt dans son ascension vers le paradis ou du moins vers une autre vie meilleure. C’est très sanguin et même si je ne mets pas les photos et vidéos les plus choquantes, cela peut quand même mettre mal à l’aise, d’autant plus que la lecture se fait hors contexte et ce n’est pas toujours facile à comprendre.

Nous sommes arrivés à la maison du défunt et déjà beaucoup de monde était présent. Sur le chemin les personnes continuaient d’arriver, la plupart très bien vêtues avec la couleur noir dominante mais pas exclusivement. Il y avait aussi des voitures avec passagers et offrandes, à savoir le plus souvent des porcs dans le même véhicule.

Les offrandes sont principalement des coqs, pour les gens moins aisés, des porcs et des buffles pour les plus riches.

Pour le défunt qui avait 62 ans et qui était mort depuis trois mois, il y a eu plus de quarante porcs et dix buffles de sacrifiés. Cela peut paraître beaucoup mais ici c’est la moyenne !

Le mort était dans sa maison et nous ne l’avons pas vu, il ne sera descendu et enterré que le troisième jour de cérémonie. Par contre il n’est considéré mort que depuis le premier jour de la fête des funérailles.

C’est le frère du défunt qui nous a accueillis. Nous avons fait la coutume en lui offrant une cartouche de cigarettes. Il nous a ensuite dirigés vers une alvéole qui était réservée aux invités. Il nous a expliqué un peu le déroulement et parlé de lui et de sa famille. Son père était à coté de lui. Marion qui parle un peu indonésien conversait avec lui et nous expliquait ce qu’il disait.

Pendant ce temps les hommes avaient formé un cercle et effectuaient une danse 462avec des chants exclusivement vibratoires, c'est-à-dire que tous les sons très graves sortaient du fond de la gorge. Un homme racontait la vie du mort pendant que les autres faisaient le chant. 

Toutes les personnes étaient dans des sortes de box en bambous fabriqués pour l’occasion.530 Cela représentait un grand cercle devant la maison, avec au milieu le lieu des sacrifices de buffles.

Les cochons arrivaient de partout sur des bambous qui servaient à les porter.

Un endroit était réservé à la préparation des repas car tous le monde, je pense environs 600 personnes ce jour là, devaient rester manger, y compris nous.476

Aux alentours c’était les sacrifices des porcs, le découpage et la cuisson. Je suis parti avec Topik notre guide pour voir un peu comment tout cela se déroulait. Anita et Marion ont préféré rester à l’écart de ces préparatifs.

Il faut dire qu’il n’y a pas de sentiments, les hommes tuent froidement, ce sont souvent des jeunes garçons. Ensuite ils vident les cochons avant de les mettre sur les flammes. Ils enfilent tout le bras dans la bête encore chaude 468et extraient le sang, le foie et le cœur pour mettre dans des gros bambous 485qui iront ensuite sur le feu pour cuire le contenu.483

Après soit le porc est mit sur le feu pour être mangé tout de suite, soit il est découpé pour donner aux gens quand ils partiront. Tout n’est pas mangé sur place, une partie est donnée et une autre est vendu pour payer les taxes car l’état prélève des taxes sur chaque bête sacrifiée.

Les hommes boivent beaucoup de vin de palme pendant toute la cérémonie, j’ai été convié à vider quelques bambous avec eux.487 Ce n’est pas le top, le vin de palme même si certains était meilleurs que d’autres. Souvent il fermente encore et c’est un peu acide !

Finalement j’ai constaté que les femmes aussi buvaient et je pense qu'à la fin de la journée tout le monde est un peu dans le gaz. Heureusement que pour la plupart, ils dorment sur place.

Alors que j’étais en discussion avec mes amis « bouchers », Topik m’a appelé car il y avait un sacrifice de buffle, les neufs autres ayant lieu le lendemain.

Le buffle avait les yeux bandés, au début car après il l’a perdu son bandeau, une patte arrière attachée à un pieu. Il avait une corde autour du cou qui était tenue par l’homme qui allait le tuer. Un autre homme assistait le tueur. Ce dernier avait un couteau assez long à la ceinture et d’un geste très vif a tranché le cou du buffle. C’est très cruelle comme scène car la bête perd très vite beaucoup de sang, elle tombe et se relève à plusieurs reprises pour finalement succomber en quelques minutes.491 Les gens regardent pour la plupart mais il n’y a pas d’excitation, n’y de bruit. Je dois avouer que je ne regarderais pas cela pendant neuf reprises comme cela va se passer. Je ne porte pas de jugement car je sais très bien que je n’ai pas les connaissances nécessaires pour approfondir les raisons exactes de ces actes. Tout cela parait très primitif mais l’acte de mort n’a pas la même portée chez ce peuple là. Il y a, comme a expliqué Anita dans son article, toute une symbolique et un raisonnement qui nous échappe.

Après le buffle a été découpé et la viande sera bouilli. Ses cornes viendront orner la maison du défunt.

Toute la viande repose sur des feuilles de palmier, 517c’est très spécial toute cette viande un peu partout, ces porcs roussis…..499la mort pour accompagner l’esprit du mort vers le paradis.

Le repas a eu lieu avec les morceaux de viande des animaux sacrifiés. Les enfants du mort n’ont pas le droit de manger de cette viande pendant les trois jours.

Nous avons passé quelques heures dans cette cérémonie pas comme les autres.

Je ne peux pas dire que ce soit à mon goût, tous ces sacrifices me perturbent un peu.

Je n’ai pas ressenti la tristesse des cérémonies mortuaires de chez nous. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas, je ne pense pas que la croyance exclue ce sentiment. Simplement, les gens sont mieux préparés psychologiquement au départ de chacun d’entre eux vers l’au-delà, leur vie entière est consacrée et orientée vers ce but.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 13:50

En quittant le Cambodge nous sommes revenus à Kuala Lumpur pour attendre notre avion direction l’Indonésie, les Célèbes pour le lendemain. Nous allons prendre un guide (Topik) pendant quelques jours pour visiter le pays Toraja en Sulawesi. Pascal avait fait une demande sur internet pour trouver une personne intéressée pour faire le même circuit que nous et pour partager notre guide. C’est donc Marion de Paris qui nous a rejoint à Kuala Lumpur et ensemble nous avons pris l’avion pour Makassar.016.JPG

Après une journée entière de route en voiture (confortable)132, nous arrivons à Rantepao au pays Toraja.228 Le lendemain départ à neuf heures pour une visite des villages237 et les explications de Topik sur les coutumes.

Les Toraja vivent pour leurs morts. Toute leur vie est dédiée à l’accompagnement des morts dans l’au delà. Quand quelqu’un meurt dans la famille, cette dernière se réunit avec le chef coutumier du village. C’est lui qui établit combien l’enterrement va coûter en nombre de buffles, cochons et coqs à sacrifier afin que le défunt puisse atteindre le paradis.

Les buffles sont sacrés, ils ne travaillent d’ailleurs pas dans les rizières, contrairement au Cambodge. Ici ce sont les hommes qui travaillent et les buffles qui les regardent faire.545.JPG Ils se portent très bien d’ailleurs, jusqu’à l’ultime sacrifice, parce qu’ils sont tous dédiés à ça. Il est donc bien vu de sacrifier plus de buffles que des cochons.

Ce sont les familles aisées qui sacrifient les buffles et les plus pauvres qui se contentent des cochons et des coqs. Comme la famille proche ne peut que très rarement supporter ces frais, des membres plus éloignés peuvent offrir des buffles ou cochons. Il faut considérer ceci comme un emprunt, qu’on doit donc rembourser plus tard dans le cadre d’un enterrement également. Finalement il faut voir ceci comme une épargne. Le plus qu’on offre de bêtes en sacrifice pour d’autres, le plus on vous en offrira quand votre tour viendra.

Il faut savoir que tant que toutes les bêtes à sacrifier ne sont pas réunis la cérémonie ne peut avoir lieu. Malgré les emprunts, ceci peut prendre du temps. C'est-à-dire plusieurs mois, ou même plusieurs années. On ne peut pas enterrer avant et le défunt n’est pas considéré mort tant que la cérémonie n’a pas commencée. Il est dans une sorte d’état intermédiaire. On le garde à la maison tout ce temps….. Il faut donc le conserver. On l’embaume. Il y a plusieurs techniques. Je vous épargne tous les détails, mais ça va du vinaigre jusqu’au formol ! Et nous sommes dans un pays tropical ! Considérant que la personne n’est pas morte, on lui parle, on lui amène à manger, etc. il n’y a pas de tabou. Cet après-midi on nous a donc proposé de visiter le mort, qui était là depuis trois mois dans la maison. Marion et moi avons déclinée l’invitation, mais Pascal était très intéressé et a donc rendu visite. Il a été très impressionné par la « fraicheur » du cadavre.

Une fois la date de l’enterrement arrivée, il y a plusieurs endroits possibles qui dépendent également de l’importance de la famille. Pour éviter les pillages des tombes les Toraja enterraient leurs morts dans des rochers à une bonne hauteur. On creuse des trous dans la paroi et on hisse le cadavre là haut. Devant le tombeau on a fait une sorte de terrasse sur laquelle on expose un personnage grandeur nature, représentant le mort et habillé comme lui.253 Celui-ci est soit debout, soit assis. Ces personnages sont sculptés dans du bois et on croirait que ce sont des vrais cadavres qui sont exposés là haut.image4-5121.JPGIls servent comme une sorte d’intermédiaire entre la vie terrestre et le paradis. Apparemment il n’y a plus beaucoup d’endroits où on peut les admirer. Il 100.JPGsemblerait qu’ils se font voler, et les gens les garderaient plutôt à la maison maintenant. Monter des cadavres si haut dans les rochers est dangereux également, donc on abandonne peu à peu ces pratiques, et on commence à construire des tombeaux. Ce qui n’empêche pas tout le reste du rituel.

En remontant encore plus dans le temps, au moyen âge, on ne creusait pas dans la roche, mais on suspendait des sarcophages en bois imputrescible258 à flanc de coteaux en hauteur également.248 A cette époque il n’y avait pas encore de tau tau (personnages des morts) non plus. On retrouve encore des restes de ces tombeaux. Et on continue à faire des offrandes (par exemple des cigarettes)264 pour accompagner ces morts dans l’au-delà.

Les maisons des Toraja sont très particulières. Les maisons traditionnelles familiales sont construites en bois sur pilotis433.JPG avec une toiture en forme de cornes de buffle ou bien de coque de bateau renversée.image4-5264.JPG La maison elle-même est entièrement sculptée et peinte.451.JPG Il existe vingt deux motifs de sculptures différents.

592.JPG594.JPG597.JPG598.JPG599.JPG591.JPGDevant les maisons se trouvent des greniers à riz,image4-5194.JPG qui sont fait sur le même modèle que les maisons. Ces constructions sont absolument magnifiques. Des vrais d’œuvres d’art. On peut y avoir sur le même terrain plusieurs greniers à riz et plusieurs maisons côte à côte565.JPG.

Les Torajas sont dispersés partout dans le monde, mais ils restent fidèles à leurs coutumes, ce qui veut dire que quand il y a un enterrement familial, les gens affluent de partout dans le monde. Il faut loger tout ces gens. Pour les plus proches (frères et sœurs) il y a une maison traditionnelle comme décrit ci-dessus. Pour les autres invités on construit des habitations provisoires en bambou avec une chambre pour chaque famille qui se déplace. Vous voyez que tout cela est très lourd à supporter financièrement. Les familles s’endettent aussi pour plusieurs générations. Chaque enfant qui naît est déjà chargé par la dette familiale et ne peut donc jamais se sortir de ce système. S’il refuse d’y adhérer il est banni à vie. Mais apparemment personne n’y trouve à redire, même à l’heure actuelle.

Les Torajas sont animistes (tout a une âme et il y a un dieu pour tout), mais ils sont également chrétien en parallèle. Ceci bien sûr suite à la colonisation. Ce sont d’abord les portugais qui sont venus ici mais ils ont été vaincus par les hollandais. L’Indonésie est resté hollandaise de 1660 jusqu’à 1945. D’après notre guide ce seraient les hollandais qui ont amenés le système d’irrigation des rizières par les digues. Toujours selon notre guide, le drapeau indonésien serait fait à partir du drapeau hollandais. Le drapeau hollandais est rouge blanc bleu dans le sens horizontale. A l’indépendance on avait besoin d’un drapeau rapidement, on a juste supprimé le dernier bandeau du bas, le bleu, ce qui fait un drapeau rouge et blanc.INDkO-copie-1.gif Anita

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