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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:36

Lundi nous sommes donc partis pour prendre un bus direction Camarones. Il faut d’abord aller à Trelew, à une heure de Puerto Madryn. Il y a un bus toutes les demi-heures, ensuite pour le bus de Camarones, il y en a qu’un trois fois par semaine, le lundi, mercredi et vendredi, à 8 heures du matin. Le premier bus de Trelew est parti juste devant nous, mais ce n’était pas grave, nous avions de toute façon prévu de prendre celui de 6h30. Nous arriverions à 7h35 pour reprendre la correspondance de 8h. Nous attendons donc. Il y avait pleins de bus d’une autre compagnie qui partaient au fur et mesure. Pascal me demande « c’est quelle plateforme pour notre bus ? » Celui de devant nous normalement, c’est de là qu’est parti le premier.

A 6h35 je m’inquiète un peu quand même, je regarde à nouveau mon billet et AIE ! Le billet était acheté à la compagnie « 28 DE MAYO », mais la compagnie que nous devions prendre est « MARIEVALLE".   Ce qui veut dire que le bus vient de partir sous notre nez et surtout que nous allons louper la correspondance. Bon, Pascal me fait la tête bien sûr, effectivement c’est bien ma négligence, donc débrouille toi maintenant !

Je demande au guichet si on peut appeler la compagnie de l’autre côté, histoire qu’ils retardent de 5mn pour attendre le prochain bus. Ils n’ont pas de téléphone. Je demande à un autre guichet, d’une autre compagnie, mais ils ne veulent rien savoir. J’échange quand même nos billets pour le prochain départ de 8heures, en sachant que nous arriverons avec 5mn de retard pour la correspondance, mais je me dis que malgré que les bus partent à l’heure en Argentine, ce jour là, ce serait bien qu’il ait un peu de retard.

Quand nous sommes presque à Trelew je demande au chauffeur s’il y a une chance qu’on attrape l’autre bus. Il me dit qu’exceptionnellement il doit déposer quelqu’un à l’aéroport et qu’il y a donc peu de chance. Effectivement nous arrivons avec dix minutes de retard. Il faudra donc attendre deux jours ici !

La seule chose qu’il y a à visiter à Trelew est le musée des dinosaures. Je commence à me convaincre que ce sera très bien après tout. Mais je repasse quand même au guichet pour voir. Devant moi deux jeunes filles argentines.  Apparemment elles ont le même problème et il semblerait y avoir une solution, seulement je n’ai pas tout compris. Et voilà que je suis sauvée, une des filles parle un anglais parfait (j’apprendrai ensuite que c’est parce qu’elle est traductrice) m’explique qu’il y a une autre compagnie qui passe à 80 km de Camarones et que nous pouvons nous faire déposer à l’intersection de la route à une pompe à essence. Et après ? Un taxi ? Les filles vont demander à leur tonton de venir les chercher et elles proposent que nous venons aussi, il nous déposera par la même occasion. Nous rencontrons quand même des gens super ! C’est effectivement comme cela que ça se passe et le tonton nous dépose sur le camping où nous avions prévu de loger dans le seul bungalow en dur et qui est heureusement disponible.images-9 2642 

Il faut avouer que nous avons de la chance. Comme le tonton connaît le propriétaire du camping nous sommes tout de suite reçus comme de vieux amis.

Nous nous installons donc. Nous avons un petit bungalow en dur, en face de la mer, juste derrière le snack bar du camping. Il n’y a pas de cuisine proprement dite, mais un bâtiment avec des compartiments avec 6 barbecues de chaque côté et des tables et bancs en ciments devant et un petit gaz à deux feux. Le propriétaire du camping, Pulgo, nous prête une casserole et une poêle, il nous reste chacun une gamelle, une tasse, couteau, fourchette, cuillère de notre précédente expédition camping d’Australie.  Nous voilà donc prêt.

Quand nous sommes arrivés le temps était plutôt beau, mais pendant que nous faisions un tour dans le village ça se gâte, le ciel s’obscurcie. Nous nous rendons compte que ce n’est pas le temps mais encore les cendres du volcan qui nous poursuivent. Cela rend la ville plutôt lugubre.images-9 2728 Les rues sont très larges et désertes,images-9 2707 le vent soulève la poussière de cendres. Il y a des maisons en tôle images-9 2704qui datent du début du 19ème siècle.images-9 2737 On se sent vraiment au bout du monde. Si nous sommes venus ici c’est pour pouvoir observer les manchots dans une réserve naturelle qui n’est pas très fréquentée, beaucoup moins que Valdès en tout cas et aussi pour sortir des sentiers battus, c’est réussi.

La réserve se trouve à 26km de la ville.images-9 2743 Il n’y a pas de bus pour y aller, c’est donc un taxi ou bien il faut marcher. Nous marcherons, on trouvera bien une voiture en route qui nous prendra en stop sans doute. Nous voilà partis mercredi matin à 8 heures. Les magasins sont encore fermés, nous nous arrêtons  à la pompe à essence pour acheter quelque chose à manger. C’est là que commence la route pour aller vers la réserve (le panneau affiche bien 26km) et également pour aller à la maison de Florent Pagny, parce que figurez vous qu’il habite ici, de l’autre côté de la baie, en face du camping. Nous sommes donc voisins en quelque sorte. C’est d’ailleurs la seule maison qui existe de ce coté là, vraiment très perdue. 

Nous partons d’un bon rythme et plein d’entrain, de toute façon à un moment donné il y aura d’autres visiteurs qui passeront par là n’est-ce pas ? Le vent se lève, mais nous l’avons dans le dos. Il y a une plage à 6km et nous nous sommes dit que si nous n’étions pas pris en stop d’ici là, on ferait demi-tour.

Là-dessus  un pick-up s’arrête, il  nous amène un peu, la route se sépare après. Finalement il nous a transporté que sur trois kms, mais nous avons dépassé la plage, nous continuons donc à pied,images-9 2755 il y a aura bien une voiture plus loin.

En route nous voyons de gros lièvres européens et ensuite également des lièvres de Patagonie, on les appelle des Maras.images-9 2763 C’est beaucoup plus gros, jusqu’à 35kg avec des oreilles beaucoup plus petites. Il y a aussi des nandous (sorte d’émeu) au loin,images-9 2751 des mâles avec une dizaine de petits qui courent derrière et des troupeaux de guanacos.images-9 2786 Entre temps ça fait quand même un moment que nous marchons et toujours pas de voiture en vue.

Pascal me dit que c’est parce que ce n’est pas encore l’heure de pointe. Ok, mais c’est quand l’heure de pointe au bout du monde ?

Nous sommes restés sur la piste pour avoir une chance de trouver une voiture et voilà qu’il y a une voiture qui circule sur le bord de la plage. Elle s’arrête de temps en temps et redémarre, à chaque fois juste une cinquantaine de mètres devant nous. Finalement elle revient vers nous sur la piste. Nous l’arrêtons pour demander si c’est encore loin, nous pensons quand même avoir fait environ 15 ou 16 km. Voilà que le bonhomme nous annonce qu’il y a encore 20km à faire au moins !

Pascal demande s’il ne veut pas nous déposer contre rémunération. Il réfléchi, ok, pour 300 pesos.  Le voleur, un taxi prend 120 en venant du village. Nous continuons  à pied, mais on commence à s’inquiéter un peu car il n’y a pas de voiture sur cette route. Je commence d’ailleurs à me demander s’il y a quelque chose au bout.images-9 2782 Nous voyons la maison de Florent de la route, il n’a pas l’air d’être là, tout est fermé, ce n’est donc pas lui non plus qui nous prendra en stop. Il y aura quand même deux voitures qui passent avec pas mal d’intervalle (l’heure de pointe a commencée ?), mais elles ne nous prendront pas.

C’est quand nous n’y croyons plus qu’il y a un pick-up qui s’arrête et nous prends dans la benne. C’est en arrivant que nous nous rendons compte que nous devions encore marcher pendant une dizaine de kms ! Ce qui fait qu’il y a 36kms pour venir jusqu’à l’entrée de la réserve. Ensuite il faut faire 6kms dans le parc lui-même. Nous avions déjà 23kms dans nos jambes et c’était un vrai bonheur d’être pris en stop. Les gens qui nous ont pris viennent de Comodoro à environ 3 heures de route et ils sont avec des amis Chiliens. Ils nous ont sauvés, ils veulent bien nous ramener aussi, ouf ! Nous faisons donc la visite en même temps qu’eux. Finalement elle ne durera pas longtemps. Le vent est encore plus fort et arrivé à la pointe on ne peut à peine se tenir debout. Les cendres sont encore au rendez-vous. Ça donne une étrange ambiance au tableau, on a impression que les manchots sont tous empaillés debout, mais le fait est qu’ils doivent se tenir contre le vent.

Contrairement à Valdès, les nidsimages-9 2819 sont très loin de la plage,images-9 2800 et ici également ça grimpe pour venir de l’eau. C’est très rigolo de les voir marcher.images-9 2820 Ils ne sont pas du tout farouches. On peut les approcher de très près, on pourrait les toucher facilement, mais ce n’est pas conseillé il paraît qu’ils mordent. Les manchots aussi sont tout couverts de cendres qui rendent leurs plumes ternes et tristes. Nous ne restons pas longtemps et regrimpons dans la benne pour le retour.

Nos sauveurs nous déposent au camping et nous leurs offrons un verre, on leur doit bien ça. Finalement ils resteront manger là. Pulgo est content que nous lui ramenions de la clientèle. Il appelle Pascal « Pasqualito » maintenant.

Si le temps est meilleur nous comptons faire une sortie de pêche avec un couple qui organise ce genre de choses. Ils sont originaires de Mar del Plata et sont venus ici pour la retraite avec leur fils. Ils organisent des sorties en mer, soit pour la pêche soit pour voir des dauphins. Si nous pouvions faire les deux en même temps ce serait super.

En attendant nous nous promenons le long de la plage (de galets) à piedimages-9 2683 pour observer les oiseauximages-9 2678 et voir si nous pouvons apercevoir des lions de mer au loin sur l’ile en face. C’est à cette occasion que nous apercevons un 4x4 avec deux petits drapeaux bleu blanc rouges peints sur le devant et une plaque française, garé en haut de la plage. Deux jeunes français (Justine et Stéphane) qui sont venus avec leur véhicule pour faire l’Amérique du Sud pendant un an et refaire le voyage que les parents de Justine ont fait 35 ans auparavant. Ça finit encore par une bière chez notre ami Pulgo.

Anita

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commentaires

Micky 17/01/2012 09:49

Bien, très bien, mais que d'aventures et que de courage !
A bientôt dans d'autres récits !
Micky

jean jacques 17/01/2012 07:33

Ah , la Bière est vraiment une langue INTERNATIONALE !!!! bon Pascal petit rappel à l'ordre : la Confiance n'exclut pas le CONTROLE !!!! mes 2 mois au Gabon se terminent ce soir , je prends l'avion
de nuit et demain lmatin je me réveille à Paris , dans un froid Sibérien !!! le choc termique va être terrible !!!! Bises et à dans 1 mois 1/2 ....bonne fin de voyage Amigos !!!
je

Michèle Gérigné 16/01/2012 20:14

Bonjour.L'aventure,c'est l'aventure!Mais vous allez user vos chaussures à faire autant de kilomètres!mais au moins on voit que vous êtes en forme et vous devez bien dormir après une telle
marche!Dommage que les cendres vous gâchent le paysage,mais c'est beau quand même de découvrir cette nature sauvage!Michèle

fred guillon 16/01/2012 19:08

Quelles péripéties ! c'est vraiment incroyable ! continuez de nous faire voyager et rêver !

lamoun 25/01/2012 23:05



Si l'on arrive à vous faire rêver, j'espère que cela vous décidera à faire de même!!!



Bois Maurice 16/01/2012 17:39

Bonsoir Pascal et Anita .
Quelle belle aventure , vous avez de la chance il y a toujours une voiture qui passe c'est formidable .C 'est bien vous êtes optimistes et cela vous reussi pour réalser vos projets . Encore bravo
.
Amitiés A+.
Maurice et Nicole ;