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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 15:31

 

Nous avons quittés Kétembé et sa jungle avec Noémie et Guy, nos compagnons de trek, pour rejoindre la ville de Berastagi à 7 heures de route. C’est là que nos chemins se sépareront, eux regagnant Malacca en Malaisie et nous le lac Toba plus au sud. Lors de ces déplacements j’aime bien faire des photos depuis le véhicule. C’est de la photo instinctive, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous mais cela permet de ressentir des ambiances. Peu après le départ c’est un marché que nous avons traversé,sumatra 7290 tout se déroule sur la chaussé évidemment. Plus loin se sont les éboueurs qui effectuent le tri sélectif façon indonésienne.sumatra 7295 Nous avons ensuite atteint la ville de Kutacané, là ce sont les drapeaux électoraux qui retiennent mon attention.sumatra 7300 La campagne électorale bat son plein pour les législatives. Dans un pays où il y a tellement de différences de cultures, de croyances et  de diversités de fonctionnement, la lutte promet d’être âpre. Quand nous quittons la province d’Aceh, le passage est bien matérialisé, presque comme une frontière.sumatra 7313 Il est vrai que cette province a déjà versé du sang pour son indépendance. Nous retrouvons maintenant un islam moins radical sumatra 7315 qui cohabite avec les Karo Bataks  qui sont chrétiens. D’ailleurs après quelques kilomètres du changement de province un homme découpe un cochon juste à coté de la chaussée.sumatra 7319 Cette dernière sera maintenant pourrie jusqu’à notre arrivée. C’est surement la raison pour laquelle un camion c’est couché dans un virage juste avant nous.sumatra 7336 Arrivée à destination, nous prenons possession de notre chambre. Elle est grande mais très épurée, d’ailleurs pour l’eau chaude se sera dans un autre petit bâtiment et il faudra payer pour la douche. Nous faisons un petit tour du marché et c’est très local.sumatra 7341 Ici les brouettes ne servent pas qu’au jardinage!sumatra 7344 Le lendemain notre jeune couple décide de partir faire l’ascension du volcan Sibayak, mais nous déclinons leur invitation. Les courbatures du trek sont encore dans les pattes. Du coup nous décidons d’occuper notre temps avec une de nos activités favorites, faire de la moto. Nous allons partir voir le volcan qui fait la une de l’actualité depuis plusieurs mois, le Sinabung. Ce volcan dormait depuis 400ans et il s’est réveillé en 2010 et plus récemment en novembre 2013 et janvier et février 2014. Il a tué 17 personnes la dernière fois et provoqué  l’évacuation de 25000 autres. Le Sinabung est un stratovolcan, ses éruptions forment un nuage pyroclastique qui est constitué de cendres brulantes.sumatra 7347 Malgré ses menaces réelles, nous avons joué la carte de l’imprudence et nous avons franchi la « red zone » pour aller dans le village évacué.sumatra 7385 La curiosité est parfois source de prise de risques. Nous sommes passés à l’heure du déjeuner et c’est surement la raison pour laquelle personne ne nous a arrêtés. Plus nous avancions vers le village et bien entendu vers le volcan et plus nous avions l’anxiété qui commençait à se manifester.Les panneaux indicaient les routes d'évacuation sumatra 7354 et nous allions à contre sens. Personne sur la route ou presque puisque c’est interdit.sumatra 7358 A l’approche du village un sentiment bizarre m’envahit, je veux aller plus loin mais j’ai quand même crainte. Le spectacle est apocalyptique.sumatra 7363 Tout le paysage est sous la cendre.sumatra 7362  La pluie est tombée depuis et cette dernière c’est tassée et durcie.  Il y a un peu de vert par-ci par-là sumatra 7371 mais la végétation a souffert.sumatra 7381 Les habitations sont souvent endommagées ou détruites.sumatra 7364 Les cendres ont été enlevées de la route, certainement par les secours, et mises dans des sacs pour les évacuer plus tard. La désertification renforce le sentiment de crainte et de peur.sumatra 7360 Sur une maison les décorations de noël sont restées sur la porte,comme pour rappeler qu'il y a peu ce village vivait normalement.sumatra 7372Quelques personnes sont là, à coté de leur habitation. Ils sont venus pour essayer de sauver un peu de leurs biens. Un homme est là assis à coté de sa maison à moitié détruite, il ne bouge pas et semble perdu. C’est très troublant tout ça. Nous discutons avec un autre habitant de ce village. En fait nous ne discutons pas, nous ne savons pas quoi dire, nous nous sommes arrêtés pour essayer de compatir  à sa détresse mais nous sommes tellement impuissant devant tout cela. Le volcan est là menaçant sumatra-7350.JPG et pourtant ces gens gardent l’espoir de revenir ici, chez eux. C’est ce qui c’est passé en 2010, le volcan avait craché et après la population était revenu travailler sur les pentes fertiles. C’est difficile à comprendre ce comportement mais c’est humain. Nous avons quitté le village, comme nous étions venus mais avec en plus beaucoup de peine pour ces pauvres gens victimes du déchainement des éléments. Dame Nature a donné à Sumatra ce qu’elle a de meilleur mais aussi de pire. C’est vers le village de Lingga à une quinzaine de kilomètres que nous nous sommes rendus.sumatra 7438 C’est un  petit village avec des habitations typiques des Karo Bataks.sumatra 7418 Quand nous sommes arrivés un homme est venu vers nous, il faut dire que nous étions les seuls touristes. C’était le responsable local du tourisme. Au début nous pensions qu’il fallait payer un droit d’entrée. En fait ce n’était pas ça du tout. Nous avons été à « l’office de tourisme »sumatra 7423 et là ,oh surprise, Anita voit une carte postale de Zwolle,sumatra 7404 sa ville de naissance et d’habitation aux Pays Bas. Le monsieur en question parle très bien hollandais, il a appris avec son grand père qui lui, l’avait appris à l’école du temps de la colonisation. Il nous explique le fonctionnement de cette vie batak et aussi de ces belles maisons. Les familles vivent à plusieurs à l’intérieur. Dans celles que nous avons visitées se trouvaient huit et douze familles. Un panneau devant les habitations mentionne le nombre de familles, leurs noms et aussi l’année approximative de construction de la maison.sumatra 7424 L'entrée est surélevée avec une marche, il faut se baisser pour entrer.sumatra 7408 A l’intérieur il y a autant de points de cuisson (feu) sumatra 7410 que de familles. Sur le coté se trouve les chambres. Les jeunes filles sont coté fenêtre pour pouvoir entendre les jeunes hommes qui viendraient leurs faire la cour en jouant de la flûte en roseau. Cette dernière est unique à Sumatra. Les prétendants jouant chacun un air différent, la  dulcinée sait qui est sous sa fenêtre. Les jeunes hommes à l’âge de 17 ans doivent quitter la grande maison et vont dans une autre habitation qui leurs est réservée.sumatra 7433 Tout cela est très romantique et c’était sympa d’écouter cette façon de déclarer sa flamme, à l’heure du SMS,  du portable et du virtuel cela fait du bien. Les maisons sont décorées avec des couleurs vives,sumatra 7426 c’est très original. Nous sommes ensuite rentrés à Berastagi qui est la ville du chou.sumatra 7463 Toute la région est riche en culture maraichère.sumatra 7455 Ici même les petites filles, tout comme les petits garçons naissent dans des choux. Ils y naissent mais ils y meurent également, le plus souvent les tombes étant dans les champs.sumatra 7390 Je voulais leur chanter : « savez vous planter les choux, à la mode, à la mode… »mais je n’ai pas osé. Je terminerais avec cette jolie crèche rencontrée sur la route.sumatra 7395 Un clin d'oeil à mon amie Joséphine qui ne peut pas aller à la sienne.

Pascal    

 

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commentaires

RABIER 31/03/2014 21:34

Anita et Pascal,
L'aventure continue.... Vous voici devenus des explorateurs dans une région riche d'imprévus : sympathiques mais également terrifiants si l'on se réfère aux retombées du volcan que vous avez
approché.
Merci de nous faire partager ces moments rares.
Au plaisir de lire votre futur reportage.
Marie-Thérèse et Jean-Louis

Maurice et Nicole BOIS 31/03/2014 15:12

Bonjour Pascal et Anita .
Changement de décor , c'est aussi intéressant . Les voyages vous apportent de bonnes surprises , retrouver la photo de son village à des milliers de km . Ce moment a du être émouvant pour
Anita.Bonne route .
Amitiés A+
Maurice et Nicole .

Françoise 31/03/2014 14:41

Bonjour les amis

Je réponds à la fois à vos deux derniers messages qui m'ont enchantée.Votre incursion dans la jungle m'a vraiment impressionnée, vous êtes formidables et avec vous vos aventures ont toujours un
goût un peu spécial. Je me suis attendrie devant ces singes en liberté et cela m'a donné l'envie de vous faire partager quelques mots de Boris Cyrulnik "Le jour où les humains comprendront qu'une
pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires". Oui,Pascal laissons les animaux dans leur milieu, ne
nous amusons pas à vouloir les civiliser, ils ne sont pas programmés pour ça... contentons-nous de les regarder vivre, lutter, combattre et puis disparaître...
Je vois que votre voyage vous amène toujours à plus de découvertes... vous voulez à tout prix satisfaire votre curiosité pour vous d'abord bien sûr mais aussi pour nous et en plus pour moi la
sédentaire attachée à son petit coin de terre où les pâquerettes n'en finissent pas de fleurir !!!
Je vous fais de gros bisous.
Françoise

Micky 31/03/2014 14:04

Pour ma part, je ressens un peu de mélancolie dans ce commentaire.
Pour votre part, ne soyez pas trop téméraires dans vos visites, nous avons besoin de la suite de vos aventures !!!
A très bientôt.
Micky.